Sans sommation

Lutte contre l’insécurité rurale: Des forces de l’ordre rançonnent les citoyens !
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- Catégorie : Politique
- Publié le mercredi 3 février 2016 07:34
Rançonner les paysans et les spolier dans un contexte de forte insécurité.
C’est ce que font pourtant des éléments des forces de l’ordre de l’opération « Fahalemana » dans des régions comme l’Amoron’i Mania. Ce comportement rajoute aux problèmes vécus par les paysans, victimes d’actes de banditisme ou menacés d’être envahis par les « dahalo » ou les voleurs de grand chemin. Mais des éléments des forces de l’ordre demandent ou exigent des paysans leur carburant, ou leurs repas ou même des indemnités dans le cadre de l’opération. En cette période pourtant, c’est la pleine soudure. Dans l’Amoron’i Mania, le mois de février est même baptisé « feu février », tellement les gens ont hâte de l’enterrer à cause des grosses difficultés financières, alimentaires… rencontrées au cours de cette période. Or ces opérations synonymes de récupération de bœufs volés et éventuellement d’otages, ne répondent pas au mieux aux besoins des paysans. Pire, elles sont assorties de spoliation, de massacres d’innocents, d’exécutions sommaires perpétrées, entre autres, par des forces de l’ordre… On raconte ainsi que dans le Sud lors de l’opération « Tandroka » ayant précédé « Fahalemana », un officier n’aurait pas hésité à décapiter des soi-disant « dahalo », non pas en flagrant délit mais à la suite de délation.
A la place des éléments des forces de l’ordre dépêchés sur terrain, des experts du secteur avancent qu’il serait plus indiqué de travailler avec des hélicoptères. Reste à savoir si les ministères concernés disposent du budget nécessaire. Dans la loi de finances 2016, le budget de la défense nationale et de la gendarmerie représente seulement 6,2% du budget de l’Etat. Avec l’éducation, la santé et l’agriculture, la sécurité est cependant un secteur prioritaire. Déjà qu’en matière budgétaire, les dirigeants ont peu de considération pour les trois premiers secteurs, ils font de même pour la sécurité. Certes, il y a la démarche pour adopter une lettre de politique sur la réforme de la sécurité, mais cette démarche ne veut rien dire sans la volonté de l’Etat de faire de ce secteur une priorité. Celle-ci devrait se refléter, entre autres, dans le budget. En attendant, il est ahurissant de constater que le budget de la présidence de la république représente plus de 2% du budget de l’Etat, contre 1,7% pour la police !
Toutefois, la présidence voit déjà ses projets confiés au ministère d’Etat. Pour 2016, le budget de ce ministère et celui de la présidence connaissent tous une hausse très importante. Pour la présidence, cette hausse est de +53,6 milliards Ar. Elle est seulement de +24,6 milliards Ar pour les trois ministères chargés de la sécurité et de la défense (l’armée, la gendarmerie et la police nationale) ! Ces allocations laissent-elles supposer qu’en termes de développement et de croissance économique, la présidence de la république est plus importante que la défense nationale, la gendarmerie et la police nationale ? Apparemment en matière budgétaire ! Or, ce n’est pas le président de la république qui est chargé d’exécuter la politique de développement. Cette tâche appartient au gouvernement et donc aux ministères qui le composent.
Fanjanarivo