Sans sommation

Sentinelle: Mesures aboyées contre la caravane de crimes et délits permise par l’état
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- Catégorie : Politique
- Publié le mercredi 3 février 2016 07:36
Depuis quelques temps dans la rue, les journaux, les télés, les radios, les réseaux sociaux et même sur ces colonnes de la Sentinelle, on a beau aboyer, mais la caravane des crimes et délits passe.
La majorité des dénonciations sur ces derniers dans des domaines différents de la vie sociétale ne trouve écho nulle part dans les sphères du pouvoir. Effectivement, nos dirigeants à tous les niveaux de décision prennent le peuple malgache pour des chiens qui ne sont pas dignes d’être écoutés. Et on se demande encore s’ils sont à leur place pour servir leur pays ou se servir du pays pour leurs propres intérêts. On serait tenté après ces deux années d’exercice de leurs fonctions, d’émettre une conclusion définitive comme quoi c’est la deuxième assertion qui prévaut à Madagascar actuellement. Ce mutisme doublé de l’inexistence de réactivité de la part des responsables à l’ère de la communication prouvent qu’ils sont loin des préoccupations de survie de nos concitoyens. Alors cette caravane de crimes et délits ne mérite plus d’être ménagé…
A l’instar des sportifs sur qui les médias portent des jugements sur chaque action faite dans une situation donnée, il se trouve maintenant que c’est au tour du pouvoir d’être jugé de par leurs prestations. La célérité dans la réactivité sera prise comme indicateur de l’efficience d’une structure étatique pour la résolution de chaque problème inhérent à la survie. Pour que nos dirigeants prennent comme siennes les préoccupations du peuple, il leur faut vivre avec les mêmes conditions de vie que la population. En effet ces hauts commis de l’état sont généralement déconnectés de la réalité du pays. Leurs familles et eux-mêmes vivent comme des occidentaux affranchis des contingences financières relatives à la survie, ce qui n’est plus le cas a Madagascar.
Puisque la déclaration du patrimoine ne suffit plus à enrayer ni la corruption, ni le trafic d’influence, d’autres mesures d’accompagnements nécessaires à la moralisation des dépenses publiques faites par nos hauts commis de l’état, doivent être prises comme :
1) Les députés, les sénateurs et les membres du gouvernement ont le devoir de scolariser leurs progénitures dans les établissements d’enseignement public pour qu’ils se sentent entièrement concernés par la qualité de l’éducation qui est un fer de lance pour sortir de la pauvreté. Il est plus que nécessaire en ce moment de réinstaurer la confiance entre administrateurs et administrés.
2) Les tenants du pouvoir doivent subir autant que la population les vicissitudes de la circulation. Pour cela il faut en finir avec les voitures ouvreuses munies de gyrophares qu’on peut désormais qualifier d’abus de pouvoir, surtout quand ils font fi des panneaux indicateurs et des autres usagers. Cette mesure aura pour but de faire prendre conscience en haut lieu des conditions lamentables de déplacement qui nécessitent une vigilance accrue de toutes les parties prenantes qui doivent désormais œuvrer jour et nuit pour entretenir la fluidité de la circulation en partie responsable de la santé économique du pays. Comme dans les nations développées, les travaux de réparation des rues et routes peuvent se faire la nuit pour éviter les embouteillages monstres, même si cela s’avère être un peu plus cher. Le prétexte fallacieux inhérent à la cherté de cette intervention nocturne n’est aucunement valable dans la mesure où les fêtes, les inaugurations, les déplacements budgétivores à l’extérieur ou à l’intérieur de Madagascar sont encore de mise.
3) Les représentants de l’état se doivent de ne boire uniquement que de boissons hygiéniques quand ils sont en mission car on ne prend pas d’alcool pendant les heures de travail. L’application de cette mesure est dissuasive pour les responsables férus d’apéritifs alcoolisés, car au moins elle aura le mérite de les retenir dans leurs bureaux respectifs au lieu du fait qu’ils se ruent dans des cocktails de tout bord pour étancher leur soif. Ils seront pour ces faits de bons exemples pour le renouveau de l’administration.
4) Il faut qu’on arrête de faire des tournées dans une structure aménagée empêchant les autorités de s’imprégner de la réalité d’une région visitée. Une venue impromptue et incognito sera propice pour voir et constater de visu tous les abandons de postes tellement courant chez nos fonctionnaires qui bénéficient pour cela de toute une chaîne de complicités dans l’administration. Assainir cette dernière participe au nouvel essor que pourra prendre le pays, car la région qui accueille les représentants de l’état ne sera plus amenée à faire des dépenses inutiles et improductives qui ne serviront qu’à affermir le culte de la personnalité de certains …
5) Les services du protocole doivent faire en sorte qu’une autorité étatique (Président, ministre), ne se trouve en aucun cas en compagnie d’un personnage véreux ou soupçonné de l’être sans qu’il ne soit lui-même traité de corrompu et impliqué dans des affaires louches de ce dernier.
6) S’abstenir de faire un déplacement officiel avec une multitude de conseillers (ministres ou autres…) quand on sait que les indemnités de mission de ces derniers sont énormes surtout quand la mission est à l’extérieur du pays. Il est à noter que l’importance de la délégation détermine le niveau de compétence personnelle de la personnalité assistée. Plus elle est nulle sur les futurs sujets de discussions, plus elle a besoin de conseillers pour l’épauler. C’est souvent le cas de postes politiques qui nécessitent une multitude d’assistants techniques maîtrisant les sujets en cours de traitement, et qui sont à la charge du budget d’une structure étatique qui utilise l’argent des contribuables trop souvent dépensé sans aucune moralité. Nous sommes dans un pays pauvre, et il nous faut vivre selon nos moyens. Les mesures prises sur ces faits peuvent nous permettre de faire des économies sur les dépenses publiques.
7) L’achat des véhicules de fonction doit profiter à notre fleuron national Karenjy qui sera la marque porteuse de notre nationalisme, mais aussi un signe distinctif d’un utilisateur administratif et non un signe extérieur de richesse comme le veulent nos députés. Les avantages étant d’avoir des pièces de rechange faites au pays, ainsi qu’une consommation moindre en comparaison des grosses 4x4 des autres marques internationales. Par conséquent, Le budget en termes de carburant pour tout usage administratif à Madagascar peut être reconsidérer à la baisse.
Ces suggestions de mesures à prendre, provenant d’un chien qui hurle à la mort de son pauvre pays, aurait-il une oreille compatissante capable d’insuffler un renouveau de la moralisation d’un monde en détresse ?
Max Randriantefy