Risque pays : Madagascar déclassé et sous surveillance négative
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- Catégorie : La Une
- Publié le mercredi 3 février 2016 07:42
Déclassé et mis sous surveillance négative, Madagascar l’est depuis janvier 2016 selon le dernier baromètre risque pays du groupe d’assureur-crédit Coface.
Ce baromètre évalue pour les entreprises le niveau des risques des pays. Publié le 26 janvier, il déclasse Madagascar qui passe de la note C à D et le met sous surveillance négative. Comme quoi, le monde des affaires est des plus sombres aggravé à cause du manque de stabilité politique et des chocs externes comme la chute des cours des minerais. A titre de rappel, le classement Coface est basé sur des risques à 7 niveaux. Avec une note D, un pays et c’est le cas de Madagascar, présente des risques très élevés. La note C présente des risques élevés, la B des risques assez élevés, l’A4 des risques convenables, l’A3 des risques à niveau satisfaisant, l’A2, des risques peu élevés et l’A1 des risques très faibles. Les notes ou les évaluations Coface mesurent le niveau moyen de risque d’impayés des entreprises d’un pays dans leurs transactions commerciales à court terme. Pour déterminer l’évaluation d’un pays, Coface prend en compte les perspectives économiques, politiques, financières et l’environnement des affaires de ce pays, ainsi que l’expérience de paiement de Coface.
Dans son panorama risque-pays 2016, le groupe a abaissé les notes de 5 pays africains dont Madagascar. Mais les 4 autres pays, soit l’Algérie, l’Afrique du sud, le Gabon et la Tanzanie ne sont pas des Etats fragiles, contrairement à Madagascar. La Grande Ile souffre de tous les maux et a besoin d’importants investissements mais c’est difficile, voire impossible d’attirer des investisseurs sérieux avec un climat des affaires pourri. Parmi ses points faibles cités par le groupe Coface, la dépendance à l’égard des produits agricoles et miniers arrive en tête. Comme quoi, le pays diversifie peu son économie. L’insuffisance des infrastructures routières, hydrauliques et électriques est également relevée par l’assureur-crédit. Ce qui est évident puisque suivant le Doing business 2016 de la Banque mondiale, Madagascar est au 189ème rang sur 189 économies pour le raccordement à l’électricité avec un délai moyen de raccordement de 450 jours et un coût dépassant les 6 000% du revenu par habitant ! Concernant les routes, les q travaux lancés récemment sont loin de résorber l’enclavement très élevé avec 60% des communes inaccessibles sur des périodes de l’année.
L’autre point faible relevé par Coface réside dans la dépendance de Madagascar à l’aide étrangère. Le président a soulevé publiquement ce problème mais sans pour autant avoir proposé des pistes de solutions. En revanche, il a déclaré fièrement le 8 janvier dernier que le pays a obtenu dans les 983 millions de dollars d’aides ! Il y a donc un grand écart entre le triste constat évoqué par le président concernant la dépendance à l’aide, d’un côté, et de l’autre, la volonté, qui n’en est finalement pas une, de réduire cette dépendance. Or, le pays est affublé de plusieurs handicaps dont l’instabilité politique persistante évoquée non seulement par le groupe Coface mais aussi par l’Union africaine. Et on ne doit pas non plus oublier la pauvreté affectant 3/4 de la population suivant le seuil national de la pauvreté.
Fanjanarivo