Sans sommation

Pour le Chef de l’Etat : et une leçon de plus
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- Catégorie : Politique
- Publié le mercredi 3 février 2016 07:48
Le Président doit maudire un peu ce mois de janvier 2016.
Quasi chaque semaine la population entend des étrangers interpeller ouvertement le régime et à sa tête le président de la République bien qu’il aime se décharger de ses responsabilités. Il y a eu « le rêve» de l’ambassadeur du Maroc lors de la cérémonie fastueuse d’Iavoloha, puis l’interpellation de l’Ambassadeur de l’Union Européenne, suivi de l’issue de la réunion du comité permanent de la CITES au cours de laquelle les autorités malgaches avaient été taxées de faire « double jeu » et maintenant l’ambassadeur des Etats Unis qui a fait référence à la libération de Bekasy. A ce stade là, il est difficile de dire encore que les malgaches ont tort de piaffer d’impatience et que si pour le Président cela ne fait que deux ans qu’il est là et qu’il a encore des années pour penser et réaliser le développement du pays ; pour la grande majorité de la population si en deux ans rien de concret n’a été fait, c’est désespérant de penser encore au temps qui reste à courir. En effet, il est difficile de déclarer toutes ces personnes - qui dénoncent les malversations, la mauvaise gouvernance, le manque de patriotisme, la corruption – comme non grata bien que ça doit démanger nos dirigeants ! A ce stade là, il est difficile de faire avaler encore des couleuvres à la population qui, même si certains politiciens essaient d’attiser la haine de l’autre, la haine de l’étranger, sait pertinemment bien que la source de ses maux ce sont d’abord ses dirigeants et c’est bien malheureux et ce sont ses dirigeants successifs. Ce mois de janvier a vu également pour Rajaonarimampianina la sortie médiatique de ses « rivaux » Ravalomanana et Rajoelina qui chacun après avoir été déjà à la tête du pays se prennent pour le messie qui pourrait sauver le pays, « assainir » le pays comme l’avait dit Rajoelina. Et dire que chacun des deux croit qu’il pourrait aujourd’hui, une fois qu’ils ne sont plus à la tête d pays, pouvoir changer les choses, changer les pratiques politiques et sauver le pays ! C’est définitivement mépriser le peuple. Pourquoi n’avaient-ils pas chacun agi pour la population et que pour la population du temps où ils étaient là au lieu de penser à leur propre réussite personnelle, à la réussite de leurs copains coquins, à mettre le pays dans un état calamiteux ? Largué, Rajaonarimampianina va reprendre ses sorties autour du monde tellement le premier mois de l’année a été difficile pour lui, d’autant que, comme il l’a si bien dit c’est quand il part qu’il ramène beaucoup de solutions pour Madagascar. Notre salut vient donc ailleurs et non de Madagascar. Bien sûr, le Président s’est bien gardé de répondre, lors de l’interview télévisée, à la question de la nécessité impérieuse des sorties hors de nos frontières de son épouse et de sa clique. Une première dame qui est censée ne jouer aucun rôle stratégique ou diplomatique dans la conduite des affaires du pays mais qui pourtant est de tous les déplacements du Chef de l’Etat !
Anaïs T.