Sécurité alimentaire: Plus de 50% des Malagasy sont malnutris

La famine frappe le Sud du pays alors que la partie nord est affectée par de graves inondations qui vont affecter la production agricole de 2015-2016.

C’était déjà le cas avec les intempéries des deux premiers mois de 2015. Toutefois, le pays est déjà affecté par un niveau de malnutrition très élevé. La FAO rappelle que le taux de malnutrition chronique dépasse les 50%. Cette situation est très alarmante. La FAO souligne que la sous-nutrition réduit le développement économique d’une nation d’au moins 8% en raison des pertes de productivité, des pertes dues aux conséquences de la malnutrition sur les capacités cognitives et la réussite scolaire. De son côté, la Banque mondiale prône que les premiers 1 000 jours de l’enfant depuis sa conception sont cruciaux pour ce développement cognitif et les résultats scolaires. Ce qui signifie que Madagascar enregistre de graves pertes économiques à cause de son taux de malnutrition chronique très élevé qui concerne tout autant les enfants que les adultes. Seulement, le président de la république et le premier ministre n’ont même pas mis les pieds dans le Sud depuis le début de la famine qui frappe cette région.

L’exécutif se limite aux interventions ponctuelles et s’appuie notamment sur les aides extérieures pour venir au chevet des gens du Sud. Si ces aides sont les bienvenues en une période pareille, elles ne résolvent pas les problèmes structurels de la région. Parmi ces problèmes, il y a le manque d’infrastructures hydrauliques. L’Androy dispose d’eaux souterraines mais il faut creuser et les pomper. Le pompage assorti de pipeline n’a pourtant pas apporté des solutions durables. Il faut être plus imaginatif et faire preuve de volonté politique et budgétaire, au lieu d’entonner les mêmes refrains, c'est-à-dire l’adduction d’eau via le pompage. D’ailleurs, elle ne résout pas les problèmes d’irrigation agricole et les besoins en eau pour l’élevage. Car il faut rappeler que sous la transition, le taux de mortalité des bovins a connu un pic dans l’Ihorombe à cause de l’insuffisance d’eau. Voilà pourquoi, il faut faire preuve d’innovation. Des spécialistes malagasy ont déjà avancé des solutions comme la mer qui permet de faire d’une pierre deux coups. En effet, on peut dessaler l’eau de mer pour obtenir de l’eau potable. La mer peut aussi donner de l’énergie. Il s’agit de l’énergie marémotrice.

Ces technologies existent déjà et sont utilisées dans des pays qui connaissent un stress hydrique. Quant à l’eau d’irrigation, un diplomate malagasy avance comme solution de creuser un grand canal pour relier le Sud au Sud-est riche en ressources en eaux. C’est la raison pour laquelle il faut de la volonté budgétaire pour adopter une telle option. L’Ethiopie arrive bien à construire une grosse centrale hydroélectrique de plus de 400 millions d’euros avec ses ressources propres. Mais à Madagascar, la volonté politique fait défaut et on ne parle pas de la volonté en matière de budget. Or, la FAO rapporte que pour 1 dollar investi dans la nutrition, on obtient entre 8 et 10 dollars de retombées économiques. Madagascar a le Programme national d’action pour la nutrition élaboré en 2004. Avec l’aide de la FAO, il est question de l’actualiser. Reste à savoir si la politique qui va en ressortir va rester lettre morte ou non, ou si les dirigeants vont encore attendre les bailleurs de fonds pour en financer la réalisation, comme dans la plupart des politiques sectorielles. En attendant, la restitution de la mission d’un expert de la FAO est prévue ce jour à l’hôtel Ibis.

Fanjanarivo

 

Amélioration de la nutrition: Une actualisation de la politique est de mise

A la demande du Gouvernement de Madagascar à travers sa Primature, un expert international en nutrition de la FAO est en mission à Madagascar pour l’évaluation du PNAN II (Programme National d’Action pour la Nutrition) et la réflexion sur la pertinence du programme, pour une amélioration de la sécurité nutritionnelle à Madagascar.

Et selon la teneur d’un communiqué  de presse élaboré  par FAO Madagascar – Comores – Maurice – Seychelles, il est indiqué que depuis la mise en place de sa Politique Nationale de Nutrition en 2004, Madagascar a connu la mise en œuvre en deux phases du Programme National d’Action pour la Nutrition (PNAN). La période charnière qu’a représenté l’année 2015 au niveau international a mis en évidence un nouveau contexte qui place la nutrition parmi les priorités pour le développement inclusif des pays en Afrique, et ailleurs. Pour Madagascar, pays n’ayant atteint aucun OMD, il est important de créer des conditions viables à l’atteinte des ODD, à la mise en œuvre des résolutions de la CIN-21 de 2014, qui mettent mieux en exergue l’importance de la nutrition pour le développement. Pour cela, il faudra réactualiser la Politique Nationale de Nutrition. « La politique de 2004 est dépassée et le pays a besoin d’un nouveau document de politique intégrant les nouveaux objectifs mondiaux » souligne l’expert de la FAO, Cheikh M.H. Dehah. 

Et le même document de faire état qu’à l’issue de la deuxième Conférence Internationale sur la Nutrition, organisée conjointement par la FAO et l'OMS, il est ressorti que l’amélioration de la nutrition visait à relever de multiples défis et devait donc être soutenue par des politiques intégrées et multisectorielles des pouvoirs publics. Durant ses rencontres avec les différentes institutions publiques (Primature et Ministères en charge de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de la santé publique, de l’éducation nationale, de la population, de la communication, etc.), de la société civile (ensemble de plus d’une centaine d’ONGs, ONGIs et Associations appartenant à la plateforme HINA du mouvement Scaling Up Nutrition – SUN), et des partenaires techniques du développement (PAM, UNICEF, OMS, etc.), l’expert de la FAO a tenu à rappeler que chaque entité avait sa part de responsabilité et son rôle à jouer dans la réduction du taux de malnutrition surtout chronique qui s’élève actuellement à plus de 50% pour l’ensemble du pays…

Un atelier de restitution est prévu au terme de cette première mission de l’expert de la FAO, le 03 février 2016 prochain à l’Ibis Ankorondrano, afin de statuer sur la nouvelle vision du pays en termes de nutrition, les priorités, les axes stratégiques, le cadre de facilitation et la mise en œuvre de l’approche multisectorielle.

Contact

Volantiana Muriel RAHARINAIVO

Chargée de communications

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