Banque africaine: Soulager les souffrances des populations victimes de l’épidémie de peste

La  remise officielle d'équipements et d'intrants dans le cadre de la lutte contre la Peste et la préparation à Ebola a eu lieu, hier, à l’HJRA.

Mais au delà  du tam-tam médiatique force est de constater que l’événement fait partie du projet du Groupe de la Banque africaine de développement, et qui remonte à décembre 2014, et portant fourniture d’équipements et d’intrants médicaux pour lutter contre l’épidémie de peste.

Déjà à l’époque les données publiées par la Banque africaine mentionnait que : « En attendant la finalisation et la mise en place d’un nouveau Plan de Développement Sectoriel Santé (PDSS) pour la période 2015-2018, un plan intérimaire de la santé (PIS 2013- 2014) a été mis en place pour permettre de répondre aux urgences auxquelles étaient confrontées le pays dans le domaine de la santé, et sur lequel toutes les interventions sont alignées. En parallèle, le pays avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers (PTF) a développé son Plan national de contingence pour faire face aux maladies épidémiques (PNCME, incluant le VIH/SIDA, la Peste, les maladies évitables par la vaccination, etc.).

Toutefois, en attendant une plus grande participation des PTF au financement du PIS et du PNCME qui présentent des gaps financiers importants, la mise en œuvre des interventions importantes et urgentes relatives à la survie de la mère et de l’enfant, ainsi qu’à la lutte contre les maladies et les épidémies a été largement insuffisante. Cette défaillance provient essentiellement des ruptures de stock des intrants de santé et de l’insuffisance de personnel en poste pour maintenir les centres de santé ouverts. Par ailleurs, les autorités administratives décentralisées ne sont pas en mesure de d’organiser une collecte efficace des déchets, de les traiter de manière sécurisé et d’assurer l’assainissement tant des ménage que des lieux publics. De plus, la paupérisation croissante de la population a fortement réduit la capacité de celle-ci à faire face aux dépenses de santé. La conjugaison de tous ces facteurs a inexorablement conduit à la résurgence de l’épidémie de Peste qui a déjà causé une forte létalité de 34% (soit 53 décès par rapport aux 149 cas recensés). »

Par ailleurs, la même source indiquait que : « L’endémie pesteuse est concentrée dans les zones rurales de la région des hautes terres ce qui permet un bon suivi de sa dissémination. Cette zoonose endémique sur les hautes terres, présente chaque année une recrudescence saisonnière de septembre au mois d’avril. La peste peut atteindre toute la population de la zone d’endémie car la transmission s’effectue par la morsure de puce (forme bubonique) ou par toux de la personne contaminée (forme pulmonaire). Sur plan médical, le traitement de cette maladie se fait par des antibiotiques appropriés alors que la coupure de la chaine de transmission est basée sur la lutte vectorielle avec la pulvérisation d’insecticide. En l’absence de traitement, le décès d’un sujet infecté survient en quelques 7 jours. Depuis la reprise de la saison pesteuse, ce sont 149 cas de peste, ayant causé 47 décès, qui ont été rapportés à la date du 24 novembre parmi lesquels 2% sont de forme pulmonaire (très contagieuse). L’épidémie de peste touche actuellement 7 régions et 16 districts de santé. Dans la capitale Antananarivo, deux cas dont 1 décès ont été notifiés dans deux quartiers insalubres et populeux. La forte létalité de l’épidémie de Peste (34%), conjuguée aux autres facteurs décrits supra, fait craindre une explosion de l’épidémie à cause de la forte densité de population dans la capitale et les insuffisances du système de santé dans les régions, résultant des années de crise sociopolitique. »

L'objectif de 1'opération est d’appuyer les Autorités malgaches et ses partenaires dans leurs efforts pour soulager les souffrances des populations victimes de l’épidémie de peste.

 L’intervention de la Banque permettra de : i) annihiler le risque majeur de propagation rapide de l’épidémie de peste dans les 42 districts, dont la conséquence sera une catastrophe sociale et sanitaire, car les stocks de médicaments et surtout d’insecticides disponibles ne sont pas suffisants à traiter tous les districts concernés; ii) réduire la forte létalité (34%) avec des cas atypiques et/ou graves (dont la forme pulmonaire) favorisant la propagation rapide de l’épidémie ; et iii) renforcer le rôle catalytique primordial du financement de la Banque pour faire face à l’insuffisance des ressources disponibles. La mise à disposition de cet appui renforcera la capacité globale du pays pour faire face aux autres risques épidémiques, telles que décrits dans le PNCME.

Le besoin total d’urgence (à court terme) est estimé à environ 1,63 million d’USD pour l’acquisition et la distribution des produits et les prestations (prise en charge, pulvérisation d’insecticides, surveillance, laboratoire). La contribution attendue du Groupe de la Banque pour le financement de l’opération sous forme de don humanitaire d’urgence s’élève à 1 000 000 USD net d’impôts, à prélever sur le Fonds Spécial de Secours (FSS). Le don servira à compléter les financements apportés par le Gouvernement, la Banque Mondiale, l’OMS et l’UNICEF.