édito: 50 nuances de bleu
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- Catégorie : Edito
- Publié le samedi 6 février 2016 06:00
Le HVM domine le pouvoir exécutif (Présidence de la République et Primature), le pouvoir législatif (Assemblée Nationale et Sénat) ainsi que toute la fonction juridictionnelle (depuis la HCC jusqu’à la plus petite juridiction). Ce pouvoir absolu permet au bleu, couleur favorite de ce parti, d’être omniprésent et donc incontournable dans toutes les sphères de décision.
Le bleu occupe l’espace, du nord au sud et d’est en ouest mais ce bleu est-il d’une même teinte uniforme ? Ce n’est pas sûr. Paradoxalement, il n’y a rien de plus inégalitaire qu’une couleur vestimentaire imposée par un parti politique. Il y a plus de 50 nuances de bleu, pour reprendre le titre d’un film (« 50 Nuances de Grey »). Seuls le Chef de l’Etat, son entourage proche, ses conseillers spéciaux et officieux, quelques ministres et sponsors ont le privilège de revêtir le bleu HVM original. Les parasites qui ont pris le train en marche, rongés par la famine ou la peur de la traversée du désert, portent un bleu pâle ou un bleu nuit. Lorsqu’ils réaliseront qu’ils n’accèderont jamais au rêve bleu, tous ces opportunistes vont vite perdre leurs illusions. Tous ces demi-bleus vont passer des nuits blanches lorsqu’ils finiront par se rendre compte qu’ils se font manipuler par le premier cercle des vrais bleus du HVM.
Le bleu est une belle couleur mais la vie devient monotone lorsqu’elle n’est peinte qu’en bleu, même si l’on alterne le bleu vert, le bleu pastel, le bleu turquoise ou le bleu azur. La vie a besoin de diversité et donc d’autres couleurs. Un arc-en-ciel est merveilleux parce qu’il est multicolore. Le bleu n’existe qu’aux côtés d’autres couleurs. Le bleu HVM n’est pas seulement un signe de reconnaissance et d’appartenance. C’est aussi un instrument d’infantilisation des militants. C’est également la manifestation de la dictature de l’apparence. Ce n’est qu’une couche de peinture destinée à offrir un semblant d’unité et masquer un vide idéologique et identitaire réel, au point d’apparaître comme un mauvais maquillage. On adhère à une vision politique mais non pas à une couleur imposée. Faudra t-il s’habiller pour exister politiquement et socialement ? Ce n’est pas avec son idolâtrie absurde du bleu que le HVM va éclaircir le quotidien noir de nos compatriotes. D’ailleurs, il faut rappeler, avec un cynisme mordant que lorsque tout est bleu, on finit par ne plus voir le bleu. Cet excès de bleu burlesque a rendu le parti HVM sans saveur et paradoxalement incolore. Ce même excès de bleu va fatalement et mécaniquement conduire à un phénomène de rejet, voire même de nausée à l’égard du HVM, comme pour le rouge à l’époque du parti Arema.
Phil de Fer