Présidence du Sénat : Quel candidat pour le HVM ?

Le parti HVM devrait divulguer ce jour le nom de son candidat à la présidence du Sénat.

Demain s’ouvre en effet au palais de verre d’Anosy la toute première session de cette institution nouvellement formée. Après les discours, les sénateurs vont procéder à la désignation des membres du bureau permanent, notamment le président du Sénat. Comme les élus HVM et les sénateurs du quota présidentiel (dits pro-Rajaonarimampianina) dominent largement l’hémicycle d’Anosy, le candidat du HVm est assuré de la victoire dans la course au perchoir. Des noms circulent avec insistance, et on peut en citer les plus saillants.

Si le principal critère est le sacro-saint équilibre régional, afin de gratifier les provinces qui ne sont pas représentées à la tête des institutions, deux noms émergent du lot. En premier lieu Pierrot Rajaonarivelo (province de Toamasina), chef du parti MDM, ancien vice-Premier ministre et ancien ambassadeur. Sur les bancs du gouvernement sous la transition, l’homme a l’estime de son collègue de cette époque, Hery Rajaonarimampianina. Comme il se garde de critiquer l’actuel régime, voilà un bon point qui devrait jouer en sa faveur. Ensuite Ahmad (province de Mahajanga), coach HVM pour l’Ouest de l’île, récent ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, président de la Fédération Malgache de Football et secrétaire d’Etat aux Sports sous un autre régime. L’homme  n’a pas toutes les qualifications pour exercer le poste, mais à l’heure où on diversifie les origines ethniques ou confessionnelles des chefs d’institution, son patronyme à consonance musulmane plaide pour lui. En troisième lieu, Mohamed Mourad Abdirassoul, sénateur désigné et n°2 de Sipromad, un groupe en pleine ascension. Homme d’affaires qui a réussi et membre d’une minorité économiquement agissante, cet authentique musulman a toutes les chances d’accéder à la présidence du Sénat. Notons que cet Indo-Pakistanais de nationalité malgache fut membre du bureau de l’Association des Etudiants en Economie de l’Université d’Anka-

tso, en même temps que Hery Rajaonarimampianina et Rivo Rakotovao. En quatrième lieu Elisa Alibena Razafitombo, docteur en médecine et ministre de la Promotion de l’Artisanat dans le même gouvernement que Hery Rajaonarimampianina. Si l’actuel régime compte installer pour la première fois une femme à la tête d’une institution parlementaire, cette épouse de général et ancienne sénatrice est la mieux indiquée.

Dans un second peloton viennent les natifs du pays Betsileo, Andriamandavy Riana VII, tête de liste HVM dans la province de Fianarantsoa, mais handicapé par un parcours politique en zigzag. Ou  Ratalata Georges, seul sénateur désigné membre du HVM et ex-député Tim d’Ambalavao. Son tort : il n’a siégé que deux ans au palais de Tsimbazaza, lors d’une législature renversée par les évènements de 2009. Citons également Beranto Alexandre, tête de liste HVM dans la province de Mahajanga et secrétaire d’Etat aux Sports sous Francisque Ravony. Souvent mentionnés, Honoré Rakotomanana (82 ans) et Kolo Roger (73 ans) sont handicapés  dans un régime qui veut renouveler la classe politique. Si le régime privilégie le punch et l’efficacité économique, il optera pour l’un ou l’autre des sénateurs désignés d’ouverture. S’il estime plus importante la réélection de Hery Rajaonarimampianina en 2018, il jettera son choix sur un pilier du parti HVM. Car s’il se porte candidat, le chef d’Etat en exercice doit démissionner et est remplacé par le président du Sénat…

A.R

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