EDITORIAL : 7 février

La commémoration de la sombre journée du 7 février était au programme des politiciens manipulateurs qui se réjouissent du malheur des familles et victimes éplorées. Ces politiciens qui sont derrière la journée du 7 février 2009 sont des deux bords.

Aussi bien du côté de Ravalomanana que de Rajoelina car ce furent les deux protagonistes de l'époque qui pour une histoire de pouvoir, pour une histoire de siège, pour une histoire d'avantages et d'impunité liés au pouvoir en sont arrivés à sacrifier des vies humaines. À la question de savoir qui est responsable? Les deux sont intimement responsables. Rajoelina qui a emmené ces personnes, qui n’étaient plus maîtrisables, à la boucherie est responsable d’autant plus que le Rajoelina lui même n’y est pas allé sachant le danger et les interdits. Son objectif principal était de prendre le pouvoir au point que sans avoir été élu il y est resté cinq trop longues années. Bref il lui fallait des martyrs pour monter sur ce trône qu’il a gardé le temps d’un mandat et qu’il voudrait aujourd’hui retrouver. Ravalomanana est aussi  responsable entièrement d’avoir joué à la politique de l’autruche, d’avoir refusé d’entendre le ras le bol de la population quant à sa main mise sur toutes les affaires économiques du pays, d’avoir usé de manière exécrable du pouvoir pour mettre au cachot tous ceux qui n’avaient pas les mêmes idées que lui, d’avoir organisé cette grosse panne générale pour changer les résultats des élections. Ce qui est dramatique c est que l’un pour conserver son siège et l’autre pour pouvoir avoir le siège en sont arrivés à sacrifier des compatriotes, l’un et l’autre se valent exactement, l’un et l’autre n’étaient pas au premier rang – Rajoelina en 2009, Ravalomanana en 2002 - mais ont chacun envoyé des gens à la boucherie, ont manipulé les forces de l’ordre pour avoir le pouvoir, l’un et l’autre sont des personnes indignes qui sont prêtes à tout non pas pour la population, non pas pour le pays mais essentiellement pour pouvoir être appelés « Monsieur le Président ». Les grandes douleurs sont muettes et sont dignes, et ce sont les vraies douleurs : celles des familles qui ont perdu ce 7 février un être cher, celles de ces familles qui vivent tous les jours avec cette perte, avec cette douleur et certainement le 7 février plus que les autres jours ! Ce sont ces familles et elles exclusivement qui commémorent dans la sobriété la perte d’un être cher tandis que les politiciens en la personne de Rajoelina ou Ravalomanana sources de ces maux de 2009 devraient savoir au moins respecter la douleur des gens et se taire…sans se donner en spectacle.

Anaïs T.