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Famine dans le Sud : Andry Rajoelina au chevet des victimes

Dans la majorité des pays, lorsqu’un cataclysme climatique ou une catastrophe humanitaire survient, les Chefs d’Etat ou de Gouvernement s’empressent de voler au secours de leurs concitoyens en détresse.

Quelle que soit le jour, l’heure ou la distance, ils prennent la route, l’avion, le train, ou l’hélicoptère pour se rendre sur les lieux, apprécier par eux-mêmes l’étendue des dégâts, apporter des secours de première urgence et se mettre à l’écoute des familles rescapées. Ce n’est pas le cas à Madagascar. Cela fait plusieurs semaines que les inondations ravagent le nord-ouest (régions Sofia, Boeny et Betsiboka) et plusieurs mois que la sécheresse sévit dans le sud (régions Anosy, Androy et Atsimo-Andrefana). Pourtant, Hery Rajaonarimampianina n’a pas cru bon de se rendre sur place. Avec une incroyable désinvolture, il faillit à sa mission de Raiamandreny pour s’en remettre à la Croix-Rouge et au Programme Alimentaire Mondial. Il n’a pas le temps. Certes, il a du temps pour voyager à l’étranger dans le but de convaincre les bailleurs institutionnels et les investisseurs privés, sans grand succès. Il a aussi du temps pour faire de la figuration lors des conférences internationales. Il a également du temps pour rendre visite à ses enfants en France et en Suisse. Cependant, il n’a pas le temps pour tendre la main, et offrir du réconfort, à ses concitoyens victimes de la montée des eaux d’un côté et de l’absence d’eau d’un autre côté. Des centaines de morts et des milliers de sinistrés ne suffisent pas pour justifier un déplacement présidentiel. C’est bien triste mais c’est la réalité. Les raisons pour lesquelles le Chef de l’Etat ne vole pas au secours de ses concitoyens sont simples. Tout d’abord, les inondations et la sécheresse ne frappent ni la capitale ni la province d’Antananarivo. Il ne se sent ni proche ni solidaire des populations lointaines concernées, comme si c’étaient des citoyens de seconde zone. Ensuite, le Chef de l’Etat dédaigne les déplacements vers les régions dévastées car il ne supporte pas de voir l’horreur, la souffrance et la malnutrition en face, surtout lorsqu’il se sait incapable d’y remédier à court, moyen et long terme. Force est de constater que Hery Rajaonarimampianina a échoué sur le plan économique et surtout au niveau social. Il n’a pas le réflexe humanitaire. Sur ce dernier point, il n’arrive pas à la cheville de son prédécesseur. En effet, durant la Transition, Andry Rajoelina n’a jamais hésité à se rendre rapidement aux quatre coins de l’île pour prêter main forte à nos compatriotes frappés par une catastrophe et leur donner l’espoir de voir l’aube d’un jour nouveau. Quand il ne s’y rendait pas lui-même, l’association Fitia de son épouse se chargeait de prodiguer des soins et secours d’urgence. Andry Rajoelina vient de se rendre au chevet des victimes dans le sud de la Grande Ile. Contrairement au Chef de l’Etat actuel, l’ancien homme fort de la Transition a pu constater de visu que des familles entières et leur cheptel sont décimés par la sécheresse et la famine. Le ventre noué, il a pu voir le désarroi moral et financier de ses compatriotes. Pour certains observateurs, cette démarche est uniquement politique mais l’argument n’est pas valable puisque, d’une part, nous ne sommes pas en période électorale et d’autre part, Andry Rajoelina n’a pas ameuté les médias. L’approche d’Andry Rajoelina est avant tout humanitaire et généreuse. Les populations locales s’en souviendront.

Phil de Fer et Ranary

 

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