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Jirama : Paroles en l’air…
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- Catégorie : Politique
- Publié le mardi 9 février 2016 07:30
Visite du Premier ministre Jean Ravelonarivo et des plus hauts dirigeants de la Jirama, le 19 janvier dernier, à la station d’épuration d’eau de Mandroseza.
Au terme de l’inspection, le chef du gouvernement a donné des assurances sur la qualité de l’eau, dont la propreté est « vérifiée périodiquement par les laboratoires de la Jirama et ceux de l’Institut Pasteur ». On se souvient aussi que les visiteurs ont pesté contre un immeuble en voie de construction sur la rive Ouest du lac (côté cité de Mandroseza). Voici les propos du Premier ministre Jean Ravelonarivo à ce sujet : « On ne devrait pas bâtir des buildings aussi élevés autour du lac. Nous allons prendre les mesures qui s’imposent… ».
Près de vingt jours après ce « discours », rien n’a changé et aucune mesure n’a été prise. Les travaux de construction de l’immeuble continuent, comme si de rien n’était… En fait, si le Premier ministre, pris par ses multiples activités, n’a pu assurer un suivi de ses déclarations, les plus hauts dirigeants de la Jirama auraient dû agir à sa place. Et ordonner l’arrêt des travaux. Car cet immeuble, qui sera un grand hôtel, va sans faute déverser ses eaux usées, ses détritus et ses déjections dans le lac… Les dirigeants de la Jirama devraient prendre leurs responsabilités et empêcher ce building de souiller le lac réservoir de Tana-Ville. Mais on semble deviner la raison de l’immobilisme de la Jirama. Le terrain sur lequel on construit le building appartient en effet à la Jirama, et a été naguère clôturé par un grillage. Un (ou plusieurs?) dirigeant de la compagnie nationale a vendu en douce cette parcelle à l’hôtelier et a empoché une très importante somme d’argent… Pour ne pas remettre en surface ce micmac et étaler au grand jour l’affaire, la Jirama calme le jeu et essaie de l’étouffer. Oui, mais cela, au détriment de la propreté et de la qualité de l’eau servie quotidiennement aux habitants de la capitale.
En tous cas, aux côtés du Premier ministre lors de la visite du 19 janvier, les dirigeants de la Jirama ont eux aussi arboré une mine furieuse à la vue du building en construction. Ce n’était donc que du théâtre. Pour que les propos tenus par Jean Ravelonarivo ne soient pas des paroles en l’air, ses collaborateurs devraient s’emparer de la question et donner une suite à la déclaration.
A.R