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Sentinelle : Des sanctions pénales qui sont des incitations aux crimes

En lisant un article de Seth Andriamarohasina du journal l’EXPRESS du vendredi 05 février 2016, intitulé : Deux «big boss» libérés, dans la rubrique kidnapping, j’ai carrément eu la chair de poule...

Alors là, je crie au scandale, car c’est la honte de l’île rouge qu’on peut qualifié désormais de république bananière…Que tous les Dieux évoqués ici bas se réunissent pour nous protéger de cette insulte à toutes les victimes du kidnapping. En effet, relaté dans cet article, on a vu la justice acquitter après un an de détention un de ces criminels, certains ont même obtenu une mise en liberté provisoire tandis que d’autres ont été déclarés évadés (sic).

En notre qualité de Sentinelle de la vie publique, nous sommes en droit de sonner l’alarme sur ces faits cités ci-dessus car maintenant tout le monde est en danger à partir de cet instant. Cette  nouvelle  paraît anodine mais en décortiquant l’article et en imaginant l’effet sociétal que cela pourrait créer, vu la légèreté de la peine émise et les possibilités échappatoires y afférent, ces mesures ou sanctions prononcées en l’occurrence sur le kidnapping ne sont plus ou moins qu’«une incitation au crime». De nos jours, l’appât du gain facile obtenu avec le minimum de risque attire les malfrats de tout bord qui pourraient faire de l’enlèvement leur activité de prédilection.   Aussi pour éviter de tomber dans cette dernière, il faut que la sanction ait une proportionnalité à la mesure du délit, pour que la justice ne vire en injustice. En prenant comme référence certains états américains qui ont assimilé  le kidnapping ou enlèvement à un meurtre passible de la peine capitale, la légèreté de la sanction prononcée pour ce délit chez nous est bel et bien un crime contre l’humanité.  Effectivement à Madagascar certains de nos hommes de lois ont osé aligner leurs sentences  sur le kidnapping à celles qu’on prononce pour un quelconque voleur de poule. Cette protection judiciaire du crime de cette envergure n’aide aucunement les autorités à sécuriser le pays. Cette sécurité nécessaire à la relance économique qui se retrouve freinée par l’appréhension d’attaques criminelles auxquelles  nos acteurs impliqués dans la production sont confrontés.

A Madagascar, bon nombre de voleurs et criminels ont été relâchés parce que leurs incarcérations n’ont pas été suivies de plaintes effectives. Ces faits vont maintenant décupler si des mesures drastiques ne sont pas prises à temps dans le cadre de la justice pour enrayer ce phénomène. En effet, les malgaches dont presque la majorité est à peine lettrée, n’ont ni les moyens intellectuels pour s’exprimer correctement de manière à ce que leurs déclarations soient cohérentes et ne se retournent pas contre eux-mêmes, ni le temps car ils vivent souvent au jour le jour, et ni l’argent pour faire le suivi de leurs plaintes car cela nécessite des frais de transport pour des va et vient interminables. Si les lois sont érigées pour protéger nos patrimoines et le peuple contre les crimes et délits faits à leur encontre, ne serait-il pas mieux de simplifier les procédés administratifs inhérents à l’inculpation d’un prévenu de telle manière à ce qu’ils soient appropriés à la réalité de notre pays ?

Ces peines prononcées à la légère, et ces multitudes de libérations sans jugement, ne protègent guère les plaignants témoins d’éventuelles vengeances des accusés.  Des cas avérés se sont souvent produits surtout dans le milieu populaire,  mais notre système judiciaire n’en a cure de cela. Le pire est que cette incompétence rejaillit sur l’exécutif.

Vu les innombrables manquements perpétrés par l’immaturité du personnel  juridique qui peut engendrer des effets pernicieux sur la vie publique, la question qui  est posée est : serait-il encore de bon aloi de séparer le pouvoir législatif du pouvoir exécutif ? Mais avant de penser à cette alternative extrême, l’association des juristes si elle existe peut-elle rattraper ces bévues tellement grosses qu’elles mettent en danger les acquis de la démocratie ainsi que leur crédibilité ? Actuellement la déontologie judiciaire est exigée par la population qui en a le ras le bol de ces contre-pieds sur les décisions de justice. Au constat de ces manquements, le doute est lancé sur l’efficience de la séparation du pouvoir qui est un des indicateurs  de la démocratie. Alors on est en droit de dire que l’application de cette dernière dans un pays où l’éducation est aux abois n’est qu’une construction idéaliste dépourvue de réalisme. La reconstruction du rouage administratif et juridique est en ce moment primordiale, saurons-nous faire le choix sociétal qui nous sied ? Il est vrai que les aides internationales sont assujetties à la conditionnalité de la démocratie, mais il est aussi possible d’argumenter vis-à-vis de nos bailleurs de fonds que pour la réinstauration d’un climat de confiance entre le  peuple et son gouvernement, on a besoin  d’un passage à une gouvernance sans partage du pouvoir, pendant un temps déterminé conjointement avec la communauté internationale. Cette collaboration demandée est pour prouver la bonne foi de nos gouvernants, afin que l’on puisse  restructurer tout l’appareil judiciaire vu et connu pour l’enrichissement illicite du personnel intervenant. Cette mission pour le réajustement du fonctionnement juridique demandé par le peuple à qui de droit, aura pour but de se conformer à la réalité du pays pour une justice pour tous…

Max Randriantefy

 

 

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