Construction de logement : Un secteur à fort potentiel mais mal encadré
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- Catégorie : Economie
- Publié le mercredi 10 février 2016 04:48
Les constructions et surtout les grands projets immobiliers poussent comme des champignons, notamment dans la capitale. Sans entrer dans les différents modes de financement dont certains sont issus du blanchiment d’argent sale,
il faut remarquer que le secteur de la construction offre des opportunités d’emplois. Selon les récentes données de la Banque mondiale, la construction d’un logement crée en moyenne 5 emplois en Afrique subsaharienne. Certes, il s’agit d’emplois qui ne durent pas, mais les besoins en logement sont tels que le secteur offre encore d’importantes d’opportunités d’emplois, surtout dans un contexte d’urbanisation avancée. Actuellement, la population urbaine représente déjà plus de 30% de la démographie de Madagascar. Le manque de logements dans le pays est estimé par la Banque mondiale à 2 millions d’unités avec des demandes supplémentaires de 100 000 par an. Rien qu’avec cette demande, le secteur devrait générer 500 000 emplois par an. De quoi aider des jeunes à obtenir assez d’argent pour créer leurs propres activités économiques par la suite. Mais pour ce faire, il faut bien encadrer l’essor du secteur.
En effet, il n’est pas rare que des « patrons » n’accordent que des salaires de misère, non pas seulement à des manœuvres mais aussi à des maçons riches de plusieurs années d’expériences. Il faut toutefois reconnaître que ces compétences perçoivent un peu plus que le revenu quotidien des pauvres. Seulement, leur rémunération n’est pas à la hauteur de leurs qualifications et des risques au travail. Car il faut remarquer que de nombreux chantiers comportent des gros risques alors que les employés ne sont pas protégés en conséquence. Ils ne portent pas des Equipements de protection individuelle (EPI) comme le masque, les gants, les bottes… De plus, ils ne sont affiliés ni à une quelconque caisse sociale ni à un centre de prestation de soins médicaux. Comme quoi, leurs droits fondamentaux sont foulés aux pieds. Ces employés évoluent ainsi dans l’informel d’autant plus qu’ils ne sont munis d’aucun contrat de travail en bonne et due forme. Voilà pourquoi les opportunités d’emplois dans le secteur bâtiment ont besoin d’être encadrées par les autorités concernées.
Il faut aussi relever qu’il n’est pas rare de voir des chefs de chantier exiger un pot-de-vin en contrepartie de l’embauche. Soit, le futur employé doit s’endetter pour trouver de quoi payer ce dessous-de-table, soit il accepte de sacrifier son premier salaire. Le choix est très difficile dans la mesure où les gens à la recherche d’un emploi, même les ressources humaines qualifiées comme les maçons, sont pauvres dans la quasi-totalité des cas. Ces formes de corruption dans le secteur privé illustre la généralisation de la corruption qui n’affecte plus seulement le secteur public. En attendant des quelconques résultats dans la mise en œuvre de la nouvelle stratégie nationale de lutte anticorruption, il faut savoir qu’en Afrique subsaharienne, l’investissement dans le logement représente 6% du PIB. Madagascar colle à cette réalité. En effet, la croissance économique prévue atteindre les 4,5% en 2016 sera notamment tirée par un regain de performance des secteurs agricole et du Bâtiment et travaux publics (BTP), d’après la loi de finances. De plus, des matériaux de construction comme le verre importés des pays de l’Union européenne bénéficient de la réduction des droits de douane à partir de cette année en passant de 20%, à 8% suivant l’Accord de partenariat économique intérimaire (APEi).
Fanjanarivo