Les pavillons d’Analakely : en sursis ?

Les marchands des pavillons d’Analakely sont les premiers à applaudir l’initiative de la commune urbaine d’Antananarivo (CUA) d’assainir les marchés en délogeant les marchands de rue ou ambulants.

La commune a pris cette initiative afin de fluidifier la circulation dans le centre ville, surtout du côté d’Analakely mais également dans le dessein de réduire les activités informelles. Quand on parle du délogement des vendeurs illicites, on fait souvent référence aux embouteillages sans savoir que la prolifération des vendeurs de rue entraîne d’autres conséquences plus économiques.

En effet, alors que les marchands à la sauvette sont devenus roi de la ville en faisant la pluie et le beau temps, ce sont les marchands en situation régulière qui en paient le prix fort. Ces derniers ont maintes et maintes fois manifesté afin de gagner gain de cause mais au fil du temps les marchands de rue finissent toujours par avoir le dernier mot.

Pour cette nouvelle tentative, les vendeurs des Pavillons d’Analakely sont optimistes. Vendant des articles de mode, Mahery et sa femme témoignent : « Depuis qu’il n’y a plus de horde de vendeurs devant les pavillons, on a fait plus de ventes mais surtout on a eu plus de visiteurs. Auparavant, les gens se contentaient des étalages qui étaient devant » affirment-ils. Les marchands des pavillons ont donc actuellement plus de visibilité et peuvent espérer à de meilleurs chiffres d’affaires. Pour eux, l’existence des marchands ambulants est une concurrence déloyale car eux ils payent des loyers quotidiens en plus des taxes journalières pour les marchés. Les loyers aux pavillons d’Analakely dépendent de l’emplacement, de la grandeur de l’espace. Le moins chère étant 100.000 ariary par mois sans compter les taxes journalières. D’autres payent des loyers qui peuvent grimper jusqu’à 300.000 ariary.

Le commerce n’est pas une distraction pour ces personnes qui louent des pavillons à Analakely. Pour eux comme pour les vendeurs dans les rues c’est un moyen de subsistance. Il est donc temps que chaque camp respecte l’autre et que cette activité commerciale qui est devenue à la mode soit formalisée.

Néanmoins, on prête à la CUA l’intention de vouloir détruire ces pavillons pour y installer un parking… Car plus rentable pour la commune. D’ailleurs les produits que ces pavillons proposent se trouvent en abondance à Behoririka ou à Mahamasina… Dans tous les cas, un projet concocté sous feu Guy Razanamasy, celui de construire un marché couvert à étage semble sortir des cartons. Bref, il faut que le marché d’Analakely fasse peau neuve !                 

Y. Lomelle

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