L’atelier sur la recherche de solutions durables pour le « kere » dans le Sud du pays est seulement prévu pour les 19 et 20 février prochains. Comme quoi, les dirigeants du régime actuel ont attendu les premiers morts du « kere » pour le compte de l’année 2016, pour bouger. Toutefois, la FAO a déjà tiré la sonnette d’alarme dès octobre 2015. Dans un communiqué daté du 27 octobre de l’année dernière, cette organisation onusienne a parlé d’une situation alimentaire demeurée préoccupation pour près de 1,8 million de personnes issues de 8 régions, soit 46% de la population desdites régions. Et parmi cette proportion, plus de 450 000 personnes ou 12% sont confrontées à une insécurité alimentaire sévère. Le Sud est plus affecté car on y rencontre le taux d’insécurité alimentaire le plus élevé. Les 7 districts les plus touchés sont Amboasary, Ambovombe, Beloha, Bekily, Tsihombe, Betioky et Ampanihy. En octobre donc, la FAO a remarqué que dans ces districts, les gens vendaient leurs biens dont notamment les outils de production. Ils étaient aussi obligés de réduire le nombre de repas et de consommer les aliments de disette tels que les fruits du cactus rouge. Des parents ont dû également déscolariser leurs enfants.
Soit, le président de la république est trop occupé par ses voyages fréquents à l’étranger et par un train de vie très confortable au palais d’Iavoloha pour ne pas se rendre compte de cette situation. Soit, il préfère adopter la politique de l’autruche car lors de son unique descente dans la région depuis des lustres, il a renié l’existence du « kere ». Sa déclaration a scandalisé des organisations de la société civile oeuvrant pour la défense des droits de l’homme. Il faut d’ailleurs remarquer que pour le Sud, la situation alimentaire de 2015 et son actuelle aggravation ne sont pas le fait d’un hasard. C’est le résultat d’un concours de faits constatés depuis plusieurs années déjà. En octobre, la FAO a rappelé, en effet, que la situation dans le Sud était due à la diminution significative des productions vivrières des campagnes agricoles successives de 2012-2013, de 2013-2014 et de 2014-2015. Ce qui signifie qu’Andry Rajoelina qui a devancé Hery Rajaonarimampiaina sur terrain, est tout aussi responsable que ce dernier dans la dégradation de la situation alimentaire dans cette région.
Mais comme le pouvoir est maintenant dans les mains de l’ancien ministre des Finances de Rajoelina, il appartient donc à Rajaonamampianina de redresser la situation. Seulement, ce dernier opte pour le déni tout en se contredisant. La preuve en est que son ministre de la Population est à la tête de l’atelier évoqué plus haut. Notons que le « kere » dans le Sud pourrait s’aggraver étant donné que le phénomène climatique El Nino continue à bouleverser la pluviométrie. Sinon, il faut aussi rappeler que des évaluations de la situation alimentaire ont été déjà effectuées par la FAO en 2014. Mais cette dernière a remarqué qu’elles n’étaient pas suivies d’actions concrètes suffisantes pour faire face aux situations prévalentes. Autrement dit, les dirigeants ont lambiné comme d’habitude, alors qu’il s’agit de sauver des vies, d’épargner aux enfants de devoir quitter l’école…
Fanjanarivo