«C’est le premier permis environnemental délivré pour un projet d’exploitation pétrolière.
Il ne faut donc pas se tromper de chemin car ce sera difficile de réparer les dégâts plus tard. Voilà pourquoi nous avons mis du temps pour le délivrer à travers les consultations publiques et les études approfondies ». C’est ce qu’a déclaré Jean Chrysostome Rakotoary, directeur général de l’Office national pour l’environnement (ONE). C’était hier au siège de l’ONE lors de la remise de ce permis et de la signature du Programme de gestion environnementale (PGE) entre le DG de l’ONE et Stewart Ahmet, directeur général de Madagascar oil. Pour Madagascar oil, la délivrance de ce permis et le PGE qui définit les obligations légales et les engagements de la compagnie en matière environnementale et socioéconomique, sont un signe positif pour les investisseurs. Ils marquent le soutien de l’Etat malagasy pour le projet de la compagnie. Celle-ci a besoin de convaincre les investisseurs puisqu’elle est à la recherche de partenaires stratégiques pour développer Tsimiroro (Ouest). Depuis près de 2 ans en effet, il faut plus que rassurer les investisseurs potentiels dans le secteur pétrolier amont (exploration, exploitation, transport, raffinage). La chute vertigineuse des cours du pétrole en est la cause et de nombreuses compagnies d’exploitation travaillent maintenant à perte.
Il y a quelques années, Madagascar oil a annoncé que la décision d’investissement pour la construction, un préalable à l’exploitation commerciale, devrait être connue en 2019. Mais depuis, le marché international assiste à des fortes chutes des cours du pétrole. L’extraction de l’huile lourde de Tsimiroro qui n’est pas du pétrole conventionnel, requiert toutefois des technologies plus coûteuses. Le raffinage doit se faire à l’extérieur, soit en Inde ou en Afrique du sud si on joue la proximité. Autrement dit, attirer des investisseurs dans l’exploitation de l’huile lourde n’est pas évident dans le contexte actuel. Madagascar oil compte ainsi sur les deux documents cités plus haut pour faciliter la décision des investisseurs. Elle mise également sur l’ouverture du marché local d’huile lourde. Ce marché lui permettra d’attester de la bonne qualité de son produit. La compagnie a déjà effectué des études de marché : la centrale de 40 MW de Mandroseza devrait être son plus gros client. Pour l’heure, le mauvais état de la RN1bis est l’un des obstacles qui empêche de transporter l’huile lourde de Tsimiroro vers la capitale.
Madagascar oil consacre annuellement une enveloppe pour la réhabilitation de cette route effectuée en période sèche. Elle compte sur le soutien de l’Etat pour rendre cette route accessible tout au long de l’année. Concernant le Contrat de partage de production (CPP) entre la compagnie et l’Etat via l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (OMNIS), l’Office explique qu’il appartient à la compagnie de financer l’investissement pendant les travaux d’exploration étalés sur 8 ans. A la production, l’Etat rembourse sa part. Sinon, il perçoit la redevance calculée selon les barils produits, le « profit oil », les différents impôts et taxes dont l’impôt direct sur les hydrocarbures. Au final, l’Etat perçoit plus de 50% du revenu de la production. Pour ce qui est des questions plutôt difficiles sur le plan environnemental, le DG de l’ONE affirme que l’eau utilisée par Madagascar oil pour l’exploration et l’exploitation est puisée à 250 m de profondeur. Elle n’a donc aucun impact sur les besoins de la population locale. Pour le pâturage, un accord devrait être conclu entre la compagnie et les éleveurs. En fait, le PGE signé hier est général et basé sur des modèles. Un PGE détaillé devra être élaboré pour l’exploitation proprement dite. L’ONE encourage les citoyens à faire le suivi de ces PGE.
Fanjanarivo