Un malheur, dit-on, ne vient jamais seul. Parallèlement à ses conteneurs de nickel et de cobalt à l’exportation et, de pièces de rechanges et d’intrants à l’importation, les comptes bancaires d’Ambatovy ont été aussi bloqués depuis jeudi dernier suite à un différend avec une ancienne cadre de la compagnie. « En effet, un huissier agissant pour le compte d’une ancienne employée Mme Mimosa Séraphin Randriamanantena, qui a récemment reçu une grande somme d’indemnisation par un juge, a signifié un avis à au moins une des banques locales afin de suspendre les comptes d’Ambatovy », indique un communiqué officiel diffusé hier.

A plusieurs reprises, nous avons traité cette affaire d’une ex-employée qui a été licenciée pour avoir divulguée des informations confidentielles. Aucun nom n’a été cité mais récemment la dame en question s’est présentée pour nous signifier qu’elle n’a jamais demandé l’équivalent de 100 ans de salaires en dommages intérêts de son licenciement, en 2013, pour lequel elle a reçu « sans contestation », tous les avantages prévus dans le code du travail. Le communiqué d’Ambatovy est pourtant sans équivoque : « l'employée a poursuivi Ambatovy au tribunal civil pour licenciement injustifié, en demandant un total de 2,3 milliards Ar qui représente plus de 100 ans de salaire en moyenne d’un employé malgache d’Ambatovy et afin d’assurer que sa demande soit acceptée par le tribunal civil, elle a produit un document dont nous contestons la validité, et Ambatovy en conséquence, a déposé une plainte pénale pour usage de faux ».

Si elle n’a pas vraiment demandé ces 100 ans de salaire; alors elle s’est fait entraîner par le groupe qui traite de son cas. Les rumeurs parlent de proches du chef de l’Etat qui aurait diligenté l’action judiciaire tandis que l’ex-employée a été récupérée par un ministre. En attendant, la Justice malgache lui a donné raison, « le tribunal civil lui accordant 567 millions Ar, avec un ordre sommant Ambatovy de payer immédiatement 88 millions Ar, et la Cour criminelle a rejeté la plainte d’Ambatovy ». Celle-ci ne se laisse cependant pas faire et est « prête à déposer une action à la Cour de cassation et à aller jusqu' à l'arbitrage international si nécessaire ».

« Comme vous avez pu le constater depuis des années, Ambatovy a le plus grand respect pour la loi. Nous comprenons que des pressions ont été exercées sur le système judiciaire dans ce cas, et nous ne pouvons pas accepter ce qui est de toute évidence un déni de justice. Le Gouvernement de Madagascar a toujours été très respectueux des engagements qu'il a pris lorsque nos actionnaires ont accepté d'investir 8 milliards de dollars à Madagascar. Nous lui lançons un appel maintenant afin que prévale l’état de droit », souligne Louis Roland – Gosselin.

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