Trop de rumeurs, trop de spéculations quant à l’imminence d’un remaniement ministériel. Il est vrai que les affaires nationales du moment nécessitent un changement d’équipe à Mahazoarivo, toutefois, rien, pour l’instant, ne peut justifier un quelconque remaniement partiel ou total du gouvernement. A moins qu’un coup d’Etat ne survienne, ce qui n’est pas, aujourd’hui, évident. Comme nous l’avions annoncé dans nos colonnes, il y a deux mois, le remaniement se passera à la rentrée, au mois de septembre prochain.
Le couple Hery Rajaonarimampinina et Jean Ravelonarivo, à la tête de l’exécutif, sont loin de satisfaire une large partie de l’opinion publique et les bailleurs de fonds, mais la conjoncture actuelle ne milite pas à un chamboulement politique. Certains souhaitent même la tenue d’une élection générale (présidentielle et législatives), ce qui peut conduire à une crise sans précédent dans l’île. Une crise du siècle.
On comprend fort bien que la classe politique soit désemparée, cependant, le réalisme doit l’emporter sur la passion, l’envie de tout remettre à plat ce qu’on a bâti et détruit à la fois, depuis, pratiquement, 2002… A ce rythme, Madagascar c’est l’éternel aller-retour. Personne, ni aucune formation politique ne gagnera à ce petit jeu morbide.
Que faire alors ? D’abord, il ne faut plus compter sur la presse pour abattre ce régime. Ce n’est, d’ailleurs, pas son rôle. En tout cas, les médias ont déjà beaucoup contribué à l’avènement de la démocratie dans ce pays. C’était au début des années 1990. Et la presse locale n’a jamais regretté ses faits d’armes, parfois douloureux. Bien que cela ait, quelque part, laissé des traces.
Rappelons seulement que le correspondant à Antsiranana de « Madagascar Tribune » de l’époque, Jeannot Ramambazafy, a été pris en otage par des fédéralistes du coin. En outre, Rolly Mercia et l’auteur de ces lignes ont été envoyés en éclaireurs par le Premier ministre, Guy Razanamasy, à Diégo afin de « calmer » Coutity et Koubessy. Ce qui était difficile, voire impossible, tant la tension était à son comble.
Néanmoins, grâce à notre présence sur place et la « diplomatie » de feu Razanamasy, les fédéralistes ont pris le chemin du dialogue. D’où cette « réconciliation » qui s’était concrétisée dans une boîte de nuit (Le Vahiné », jusqu’au matin. Des témoins sont encore vivants de cette « aventure » à Diégo, il s’agit, notamment, du général Ramakavelo, du ministre Daniel Ramaromisa… Cet bref épisode, mais ô combien important, de l’histoire de Madagascar, personne ne l’écrira un jour. Dans nos universités, existe-il encore de vrais historiens ?
Franck Raharison