Le Gouvernement souhaite promouvoir plus de deux millions d’hectares de zones de production à valoriser par des investisseurs étrangers et nationaux à l’horizon 2025, mais les modalités pour y arriver demeurent imprécises. Dans le cadre du Programme sectoriel agriculture, élevage, pêche 2016-2020 (PSAEP), et de son Plan national d’investissement de l’agriculture, élevage et pêche
(PNIAEP), le Gouvernement veut faciliter l’accès, pour les investisseurs, à des terres en identifiant de vastes étendues qualifiées de «zones industrielles agricoles» (ZIA) qui bénéficieraient de régimes incitatifs, ainsi que d’un statut foncier spécifique. Ces dernières devraient être définies par consensus entre les structures décentralisées et la population locale, seront intégrées dans le Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT) et devraient accueillir 1000 nouveaux investisseurs privés d’ici 2025. Cependant, ni le document de programme du PSAEP ni la Lettre de politique qui l’accompagne ne donnent, à l’exception d’une référence à cette étendue de deux millions d’hectares, d’indication concernant les procédures de leur octroi et la gestion de ces zones.
Les investisseurs potentiels demeurent donc en attente des lettres de politiques sous-sectorielles qui devraient annoncer des plans d’investissements plus concrets et permettront la mise en œuvre du PSAEP. Ce dernier, faut-il rappeler, bénéficie de l’appui de la COMESA, afin de s’aligner sur le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA) de l’Union africaine, dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).
Mais, remarque-t-on, dans ses efforts pour attirer des investisseurs étrangers, le Gouvernement doit prendre en compte les risques importants que comportent les IED en agriculture. Ces risques sont notamment liés aux investissements à grande échelle et aux déplacements des petits exploitants locaux, avec les tensions sociales et politiques que ceux-ci peuvent entraîner. Des inquiétudes peuvent également naître du fait de l’allocation de grandes superficies de terres à des exploitations exclusivement destinées à l’exportation, comme dans le cas des biocarburants, ou encore à l’acquisition de terres à des fins spéculatives et à la faible efficacité des système de contrôle de la mise en œuvre des activités annoncées par les investisseurs.