1 453 lignes tarifaires sont concernées cette année par l’abaissement du droit de douane dans le cadre de l’Accord de partenariat économique intérimaire (APEi) avec l’Union européenne. La Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo le rappelle dans la dernière livraison de sa newsletter hebdomadaire du 24 février 2016. Parmi les lignes concernées, citons les marchandises de la catégorie « biens primaires » dont le droit de douane va de 5% à 0%. Il s’agit de matières premières et de biens d’équipement. De quoi inciter les industriels à renouveler leurs machines. Mais tout ne dépend pas uniquement de l’abaissement des tarifs aux frontières. Le taux de change joue également un rôle non négligeable dans l’importation. Et d’aucuns savent que l’euro se situe maintenant à plus de 3 500 Ar. Ce qui fait que le même bien d’équipement ou le même véhicule importés et dotés des mêmes spécifications coûtent maintenant plus chers qu’il y a un an ou deux. La différence est très importante selon un chef d’entreprise.
Pour l’abaissement du droit de douane pour les biens importés des pays de l’Union européenne et concernés par l’APEi, il pense que c’est une bonne chose, mais qu’il ne couvre pas les impacts de la faiblesse de la monnaie locale. Comme quoi, le pays rate bon nombre d’opportunités pour remettre l’économie sur le chemin de la relance. En effet, la forte dépréciation de l’ariary ne milite pas en faveur de la promotion de l’investissement industriel, que ce soit pour de nouveaux investissements ou pour le renouvellement du parc des machines. Le même problème débouche sur les baisses insignifiantes des prix des carburants, alors que ces prix conditionnent ceux de nombreux produits et services courants. Pour l’APEi, les marchandises de la catégorie « biens intermédiaires » voient aussi le droit de douane baisser pour se situer dans une fourchette de 10% à 8%. Et pour les marchandises de la catégorie « biens finaux », la baisse situe le droit de douane entre 20 et 15%.
Pour le grand bonheur des acteurs concernés, les articles de friperie sont catégorisés parmi les « biens primaires ». Ils bénéficient donc du droit de douane à 0%. Les aficionados d’articles d’habillement de grande marque européenne jubileront sûrement car ils pourront dénicher des beaux articles de friperie mais estampillés de leurs marques préférées et à des prix plus abordables que pour les neufs. Malgré tout, l’on s’interroge pourquoi les articles de friperie sont considérés comme des matières premières. Certes, la pauvreté des Malagasy est telle que le pays est classé même parmi les Etats fragiles, mais ce n’est pas une raison suffisante pour catégoriser la friperie parmi les matières premières, d’autant plus que les entreprises franches textiles ont le droit d’écouler 5% de leur production sur le marché local. Certains véhicules utilitaires bénéficient aussi du droit de douane à 0%. C’est notamment le cas pour certains véhicules dédiés au transport de marchandises, qu’ils soient neufs ou usagés, et pour le transport de 10 personnes ou plus incluant le chauffeur. Afin de bénéficier de ces différents abaissements, les marchandises doivent être originaires des pays de l’Union européenne et doivent ainsi justifier d’un certificat d’origine délivré par l’autorité compétente du pays d’origine.
Fanjanarivo