Le régime de Hery Rajaonarimampianina veut faire croire à l’opinion publique malgache, aux bailleurs traditionnels et aux investisseurs privés que Madagascar est une terre d’opportunités et qu’elle le sera pour longtemps. Le problème est que la réalité ne plaide pas en faveur du régime qui s’attire toujours plus d’ennemis chaque jour, en privilégiant ses intérêts personnels. Les combines en haut lieu ont enrichi les barons du régime mais appauvri et paralysé le pays. On pense aux fortunes vite amassées par certains individus liés au pouvoir grâce, entre autres, aux trafics incessants de bois de rose, à la mise en concession grotesque des aéroports au profit du consortium ADP-Bouygues-Colas-Meridian, à l’autorisation d’exploitation illégale octroyée à Madagascar Airways, à l’acquisition rocambolesque des avions ATR par Air Madagascar, aux privilèges grossiers offerts à Samada et à la mise en place abusive du système Advance Cargo Declaration. Ces scandales à répétition sont l’illustration parfaite de l’anarchie morale. En deux petites années, ce régime a conclu un pacte avec le démon de l’argent et érigé la corruption en règle de vie. Est-ce donc tout ce que nos dirigeants ont pu réaliser en deux années ? Non. Avec ironie, on peut rajouter qu’ils ont réussi aussi à truquer toutes les élections. Avec l’arrivée d’un expert-comptable au sommet de l’Etat, on avait espéré, sans doute avec naïveté, une plus grande rigueur dans la gestion des affaires publiques. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Il faut se rendre à l’évidence que le régime, aux appétits sans limites, a choisi de favoriser la mauvaise gouvernance, au mépris de la croissance. Cependant, il semble oublier, à tort, que la corruption institutionnalisée laisse des traces comme les limaces et rebute les bailleurs de fonds. Pour le moment, nos dirigeants se complaisent dans l’argent facile, avec une dose incroyable d’insouciance, mais viendra le jour où ils connaîtront des nuits difficiles. Au cours de leur mandat, Marc Ravalomanana s’est cru invincible et Didier Ratsiraka insubmersible. Ils ont fini par être à l’origine de leurs dommages irréversibles.
M. GASPARD
