Journée pas comme les autres hier à l'usine de Toamasina d'Ambatovy. Les milliers de travailleurs vaquaient comme d'habitude à leur travail mais le coeur n'y est pas. "On ne sait pas ce que demain sera fait", se contentent de déclarer de jeunes techniciens à nos envoyés spéciaux.
C'est aujourd'hui que les dirigeants doivent normalement se décider si l'entreprise pourra continuer à travailler ou si elle doit arrêter ses activités. Jeudi pourtant, une lueur d'espoir semblait pointer à l'horizon avec la conclusion d'un accord entre l'Etat et Ambatovy sur l'application de la LIGM (loi sur les grands investissements miniers) qui régit la compagnie minière en lui garantissant, entre autres, de ne subir des charges fiscales et financières autres que celles existantes au moment de l'homologation à la loi.
La signature qui devrait consolider cette disposition n'a finalement pas eu lieu. Pire, il semble que l'accord serait loin d'être finalisé. Le ministre Ulrich Andriantiana par qui est arrivé la crise est incapable de se faire entendre ou fait un double langage: il dit qu'il a déjà donné ordre à l'APMF qui sous sa tutelle de lever le blocage mais cette entité ne suit pas. A moins qu'il n'y ait jamais eu d'ordre donné ou que l'APMF obéit à une autorité plus supérieure.
Bref, c'est la confusion totale au sein de l'Administration où le ministre Andriantiana fait de nouveau figure de bouc émissaire de tout un système qui a l'habitude de s'organiser pour racketter les entreprises et même les citoyens jugés fortunés sans se préoccuper des conséquences.
Selon les informations recueillies par nos collègues sur place, l'usine de Toamasina est une raffinerie et comme toutes les raffineries de pétrole ou d’autres matières, elle ne peut être remise en marche qu'au bout de quelques semaines après avoir été arrêtée complètement. Or, selon des techniciens de l'usine, celle-ci s'arrêtera d'ici quelques jours si la situation n'est pas débloquée.
Ils ne savent pas ce qui se discute en haut lieu mais ce dont ils sont sûrs est qu'il faut impérativement débarquer la cargaison de soufre sans laquelle l'usine ne pourra plus tourner. Un autre bateau chargé de charbon est également prévu d'accoster la semaine prochaine et doit être traité rapidement parce que le stock est à son niveau minimal.
En fait, le vendredi réputé magnifique pour les travailleurs aux salaires confortables d'Ambatovy risque de tourner en une journée noire. 7000 emplois sont menacés et autant de familles mis sur le trottoir. Si effectivement Ambatovy va fermer, c'est chaque jour un million de dollars en moins pour les différents marchés du pays. C’est aussi l'équivalent de 2 millions de dollars sur le marché quotidien de devises.
Mais qui s'en soucie? Bien au contraire, ces chiffres sont tels qu'ils suscitent la convoitise. Qu'elle vienne de l'Etat ou d'individus cupides.
Sa
