Le moins qu’on puisse dire, notamment après la mise à l’écart du pasteur Lala Rasendrahasina de l’instance dirigeante du FJKM, c’est que Marc Ravalomanana est parvenu à l’un de ses objectifs principaux. Il assure, depuis avant-hier, la présidence de l’Eglise réformée de Madagascar bien qu’obligé de collaborer étroitement avec le pasteur Zarazaka Jean-Louis. Sauf que dans les rangs des fidèles, l’on craint sérieusement que la situation déjà chaotique du FJKM n’empire avec la promotion de M. Ravalomanana à ce poste hautement significatif et symbolique. Et pour cause, le tombeur de M. Ratsiraka lors de la crise 2002 traîne des casseroles partout où il va, même pendant son exil forcé au pays de Nelson Mandela…
Du temps où il était président de la République, Marc Ravalomanana régnait en maître incontesté sur tout le territoire national. Il usait ou plus exactement abusait de son pouvoir présidentiel pour monopoliser tous les secteurs les plus productifs et promoteurs de l’économie nationale. D’où, son sobriquet de roi des produits laitiers qui lui allait très bien avant sa descente aux enfers en 2009. Autre secteur qu’il monopolisait à cette même époque, la production d’huile alimentaire ; sans parler de son vif souhait d’agir de la même manière avec les produits pétroliers. Bref, Marc Ravalomanana était, est et sera toujours un personnage de mauvais augure sur le plan économique…
L’on se souvient aussi que lors de la dernière crise politique dans le pays, M. Ravalomanana avait joué de sombres rôles entre autres dans la tuerie du 7 février 2009 dans les environs du palais d’Ambohitsorohitra. En plus, lors des échauffourées ayant entraîné des morts d’homme par centaine au niveau des magasins Magro (sa propre société) et d’autres boutiques appartenant à des opérateurs privés, l’ex-Chef de l’Etat avait ordonné aux forces de l’ordre de ne pas intervenir d’une façon ou d’une autre. N’était-ce pas une volonté délibérée de sa part de provoquer la mort de gens innocents ? Et ce n’est pas tout. Marc Ravalomanana, pendant son règne, était un expert en matière de détournement de deniers publics. L’on se rappelle, sur ce plan, l’histoire des deux avions (Air force one et Air force one 2) que le pouvoir de l’époque avait acquis avec l’argent du peuple sans l’accord préalable de ce dernier…
De tout ce qui précède, l’on peut avancer avec assurance que Marc Ravalomanana est loin d’être la bonne personne à la place qu’il faut, s’agissant notamment de la présidence du FJKM. Il est de son propre droit de diriger son parti politique ou autres organisations du même genre, certes. Mais vu son caractère de travers, ses multiples vices cités précédemment, M. Ravalomanana ne mérite pas le titre de président d’église. Dans le cas contraire, ce serait un véritable déshonneur pour l’Eglise réformée de Madagascar. Ce à quoi beaucoup de fidèles ne veulent pas assister…
A.D. et Lola R.
