Lors d’une énième inauguration à Miandrivazo, le Président de la République a lancé un énième appel pour la lutte contre la corruption. Ce n’est pas le premier appel et ce ne sera pas le dernier, non pas qu’il prêche dans le désert mais parce qu’il est peu crédible. Il est évident que son appel sera effectivement entendu quand il aura fait le ménage autour de lui en termes de corruption, en termes d’impunité, en termes de conflits d’intérêts. C’est étrange que le premier personnage de l’Etat puisse croire qu’il lui suffit de lancer des appels avec une voix de prédicateur pour être entendu ; c’est étrange que ça ne vienne pas à l’esprit du premier personnage de l’Etat que l’exemple vient d’en haut et tant qu’à la tête de l’Etat ou autour du Chef de l’Etat il n’y a pas un signe véritable de lutte contre la corruption, on ferme les yeux sur les copains coquins qui ont aidé à l’accession au pouvoir, les appels lancés par le Président ne seront ni entendus ni écoutés.

Lorsque l’ambassadeur des Etats Unis avait publiquement pointé du doigt la mise en liberté d’un gros bonnet des bois de rose et que le Chef de l’Etat n’a pas cherché à démentir l’affirmation ou donné des arguments plausibles quant à cette mise en liberté, il aura beau lancer des appels à la lutte contre la corruption il ne sera pas entendu. Le Chef de l’Etat semble avoir fait sienne la chanson des Mahaleo « aza ny ataoko no atao fa izay lazaiko tanteraho » (ne faites pas ce que je fais mais faites ce que je vous dis de faire) et pourtant telle attitude est tout ce qu’il y a de plus contraire à ce que devrait être l’attitude d’un leader politique, l’attitude d’un Chef de l’Etat. Bien évidemment nous sommes encore loin, très loin de ce qu’est des dirigeants exemplaires et l’actuel chef de l’Etat ne l’est pas. S’il lui était facile de se détacher de ses copains de la transition étant donné ce que sous entend la transition avec son lot de business foireux, d’impunité, de médiocratie, d’enrichissement illicite…il semble oublier qu’il était de la transition, qu’il fait partie de ceux qui avaient trouvé un intérêt certain à la transition et qu’à partir du moment où il s’est mis à renier les copains de la transition, il a tellement baigné dans la pratique de la transition qu’en voulant chasser le naturel – les pratiques- il est revenu au galop – pas avec les mêmes copains mais avec d’autres qui l’ont aidé à financer sa campagne…

Aussi, ceux qui lui avaient accordé le bénéfice du doute à son arrivée au pouvoir ont déchanté. Plusieurs mois après, rien n’a été fait, il fait de l’auto satisfaction, il fait de sa prestation télévisée préparée une occasion de dire qu’il est irresponsable et donc incompétent. Ses appels à une bonne gouvernance, à une lutte contre la corruption, au développement du pays sont pour la grande majorité des malgaches de l’hypocrisie classique des différents chefs de l’Etat malgache élus ou autoproclamés qui se sont succédé. Mais le véritable tort de l’actuel chef de l’Etat est que si les élitistes s’étaient mis à s’imaginer qu’un expert comptable ne pourrait quand même pas faire pire qu’un laitier ou un disc-jockey, ils se trompés sur toute la ligne… à moins que ce ne soit pas l’expert comptable qui soit à la tête de l’Etat et qu’il soit un simple pantin!

Anaïs T.