La taxation n’est pas un frein au développement des entreprises formelles à Madagascar, comparée à ce qui s’observe ailleurs chez les pays africains à faible revenu. C’est ce qui ressort d’une étude comparative effectuée par la Banque mondiale. Mieux, le système de taxation malagasy est simple et plutôt raisonnable en termes d’obligations fiscales pour les contribuables. Des sociétés internationales ayant déjà l’expérience de plusieurs pays et installées sur la Grande Ile abondent dans ce sens. Dans ce cas, où se trouve le problème puisque bon nombre d’entreprises crient après le système fiscal ? Il a notamment pour origine le harcèlement fiscal. Pire, ce phénomène est parfois aggravé par le racket fiscal. Des grands groupements économiques l’ont dénoncé vers la fin de la transition. A plusieurs reprises, les autorités concernées réfutent ces allégations en avançant toutes sortes d’explication dont le non-respect des textes par les entreprises, le manque de volonté de ces dernières d’être contrôlées… Mais l’amélioration des recettes fiscales sont parmi les réformes définies avec le FMI et qui conditionneront le déblocage par tranche des 240 millions de dollars de la part de cette institution prévue fin mai 2016.
Comme quoi, l’administration reconnaît quand même la méthode du harcèlement fiscal. Car il faut souligner que dans le cadre de l’amélioration des recettes fiscales, il est question de mettre un terme à ce harcèlement et de formaliser l’économie. En fait, il n’est pas rare que les autorités réfutent telles critiques de la part d’acteurs malagasy pour ensuite les accepter lorsqu’elles émanent des bailleurs de fonds. C’est la preuve comme quoi le pays dépend trop des aides extérieures. Ce qui oblige les dirigeants à reconnaître leurs torts. A moins qu’il ne soit assorti de racket comme sous la transition et donc synonyme de gros sous, l’arrêt du harcèlement ne relève pas de l’impossible. En revanche, la formalisation de l’économie est une autre paire de manche. Rappelons que 94% des emplois sont dans l’informel et ce secteur ne se limite pas aux vendeurs ambulants, aux gargotiers et épiciers. Il concerne également des PME. L’informel constitue un grand pan de l’économie nationale même si les grandes entreprises alimentent principalement les recettes fiscales.
Toutefois, rien de bien concret n’est enclenché pour la formalisation de cette économie informelle. Les Centres de gestion agréés (CGA) initiés par le ministère des Finances et du Budget et censés formaliser les micro entreprises et les PME n’arrivent à pas tout résorber. Soit l’Etat apporte un important soutien dans la création de CGA, soit il élabore une stratégie plus efficace et dont la portée est plus importante. Rappelons que l’informel et le harcèlement fiscal sont parmi les principales plaies qui gangrènent le secteur formel, sans oublier la présence d’entreprises et même de grandes sociétés dûment formelles mais qui agissent en informelles : elles paient une partie de leurs obligations fiscales ou ne paient rien parfois.
Fanjanarivo