Madagascar reste le pays le plus touché par la peste dans le monde en enregistrant 74% des cas, soit 2 404 cas et 8 sur 10 décès. Ce chiffre publié le 26 février dernier par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) porte sur la période allant de 2010 à 2015. Il montre à quel point cette maladie transmissible et dangereuse n’est pas près d’être éradiquée sur la Grande Ile. C’est pourtant une maladie des siècles derniers. Dans ce cas, la peste est l’une des fléaux qui marquent la misère de Madagascar, l’un des 10 pays les plus pauvres au monde. Ce triste classement se vérifie dans le secteur de la santé publique. Ainsi, les formes graves de la peste, c'est-à-dire la peste pulmonaire a tendance à augmenter. L’OMS précise : « On observe une baisse de l’incidence au cours des 2 dernières années mais une augmentation de la létalité globale (23% en 2015) liée à la fréquence plus élevée des formes pulmonaires (23,3%). Cette augmentation des formes graves traduit une dégradation du système de santé liée à la crise sociopolitique qui a frappé le pays au cours des dernières années ».
Même la capitale où les soins sont à proximité a été victime car en 2014, un cas de peste pulmonaire, décédé, a été confirmé à Antananarivo. Les autorités sanitaires ont rapidement réagi et évité ainsi l’apparition de cas secondaires. N’empêche, le cas évoqué plus haut fait froid dans le dos. Malgré tout, l’OMS remarque que le système de surveillance est relativement performant à Madagascar grâce notamment à l’appui de l’institut Pasteur. 95% des cas suspects font ainsi l’objet de prélèvement et près de 55% d’entre eux sont confirmés, contre 30% en Ouganda. La République démocratique du Congo (RDC) voit aussi son incidence de peste s’effondrer sur les dernières années. Aucun cas n’a été enregistré dans les pays de l’Afrique du nord, alors que cette région a connu plusieurs réémergences de la peste au cours de la décennie précédente. Si ailleurs, la peste n’est pas aussi grave qu’à Madagascar, il faut rappeler que la Grande Ile et la RDC étaient également les tristes champions de cette maladie sur la période 2000-2009.
Rappelons que la peste est une infection bactérienne affectant principalement les petits mammifères. Elle est transmise par les puces infectées et qui piquent les humains. La peste humaine est une maladie grave, en particulier dans ses formes de septicémie et de pneumonie ou sur les poumons. La forme pneumonique ou pulmonaire, fatale si traitée tardivement, est particulièrement contagieuse et peut déclencher des épidémies par contact direct de personne à personne. Et c’est cette forme-là qui a provoqué le décès d’une personne dans la capitale en 2014. Et comme évoqué plus haut, la peste provoquée par une bactérie transmise par les rats et souris est une maladie de la saleté. Il n’y a qu’à observer les montagnes d’ordures qui s’amoncellent régulièrement dans la capitale.
Fanjanarivo