5,1% du budget de l’Etat en 2013 ou 140 milliards Ar et 8,3% en 2014 ou 232 milliards Ar, selon les données du ministère de l’Energie et des Hydrocarbures. Les différentes compensations ou subventions pour les compagnies pétrolières étaient une hémorragie pour la caisse de l’Etat selon les bailleurs de fonds. Certes, l’Etat vient d’y mettre un terme mais il faut rappeler que ces subventions ont eu cours depuis 2011. Si on fait la comparaison sur son poids dans le budget public, les contribuables y ont perdu plus qu’ils n’ont gagné quelque chose. En effet, la part du secteur de la santé dans le budget public en 2013 a été de 6,1%, contre 5,1% pour les subventions pétrolières. Or même dans la capitale, une bonne partie des déplacements se fait à pied, alors qu’en cette période, une centaine de centres de santé de base ont dû fermer leurs portes faute de personnel et de moyens… La priorisation budgétaire laissait donc à désirer. Et la situation n’a pas changé sous le régime Rajaonarimampianina sauf depuis tout récemment avec l’abandon des subventions et le retour à la vérité des prix.

Des économistes ont toutefois avancé que même sans les subventions, les prix à la pompe n’auraient pas affiché des pics à même d’influer sur l’inflation de manière significative. Et en 2014, la part des subventions pétrolières dans les dépenses publiques était encore plus importante avec un taux de 8,3%. Elle était supérieure à celle de la santé (6,2%) et du développement rural (7,4%). Ce dernier regroupe l’agriculture, l’élevage et la pêche. En réalité, il est plus important pour les dirigeants de parer à tout éventuel mouvement social qui pourrait menacer leur siège, que de prioriser des secteurs stratégiques en matière de développement, comme la santé et le développement rural. Mais pressés par les bailleurs de fonds et plus précisément par le FMI, les dirigeants ont dû revenir progressivement à la vérité des prix. Sans cela, l’Etat n’aurait pas pu bénéficier des crédits d’urgence de cette institution. En 2015 donc, les subventions pétrolières ont été de 62 milliards Ar ou 1,9% des dépenses publiques. Le secteur de l’eau et de l’assainissement n’a pourtant bénéficié que d’une allocation budgétaire de 43,9 milliards Ar dans la loi de finances rectificative de 2015. Or, le taux d’accès à l’eau potable est seulement de 46% et 70% du fonds utilisés dans le secteur proviennent de l’extérieur !

En fait, l’Etat a voulu vivre au-dessus de ses moyens en subventionnant le marché pétrolier 5 ans durant. Et c’était au détriment des dépenses publiques plus prioritaires comme la santé, le développement rural ou encore l’eau et l’assainissement. Sous les pressions des bailleurs de fonds, l’Etat a finalement cédé pour mettre fin aux subventions. Il l’a fait de manière progressive depuis 2014. A l’époque, l’objectif était d’éliminer les subventions vers le début du 2nd semestre 2015 mais il a fallu remettre ce calendrier quelques mois plus tard. Le retour à la vérité des prix doit être marqué par le retour au mécanisme d’ajustement automatique des prix et donc au retour à la libéralisation. A partir de maintenant donc, l’Etat n’aura plus à intervenir dans la fixation des prix. Celle-ci dépend de deux facteurs, les cours internationaux des produits pétroliers et la parité dollar/ariary. Pour les consommateurs, ce changement de la donne est synonyme de révision à la baisse des prix, du moins pour le moment. La baisse moyenne à la pompe depuis la nuit du 29 février est de -223 Ar/litre ou 8%. Elle est de -120 Ar/litre pour le supercarburant, -210 Ar pour le pétrole lampant et également -210 Ar pour le gasoil. (Lire, également, article, par ailleurs.)

Fanjanarivo