Les populations du Sud de Madagascar vivent principalement de l’agriculture et de l’élevage, et sont confrontées à des problèmes récurrents d’insécurité alimentaire et de malnutrition liées aux aléas climatiques. Et selon les informations rendues publiques par le Gret depuis la mi-décembre, les pluies ont été quasi-nulles dans l’Androy, dans le Sud de Madagascar, entraînant des pertes considérables sur les parcelles de production. Le maïs, culture de faible résistance à la sécheresse mais pourtant principale céréale cultivée, n’a pas supporté ces conditions. Le niébé, autre culture importante, n’a guère mieux résisté.
Cependant, note le Gret, de bons résultats ont été obtenus avec certaines cultures, pour les paysans ayant semé tout au début de la saison des pluies, en octobre. Malgré l’absence de précipitations et les vents secs, les semences de qualité adaptées aux conditions agroécologiques ont donné des résultats satisfaisants (de nouvelles variétés de mil, sorgho et légumineuses). Ces semences adaptées ont été diffusées par le Centre technique de l’agroécologie du Sud (CTAS), ONG malgache créée par le Gret en 2013.
Et la même source indique, en outre, que la sécheresse de 2015 a eu un impact dévastateur sur les cultures traditionnelles de céréales et légumineuses. Elle aurait pu être bien moins grave si les techniques et variétés appropriées avaient été utilisées. C’est ce que défend le Gret à travers ses nombreux projets agricoles (Objectif Sud, Soa, Fasara puis Psasa) qui ont pour objectif de sécuriser la production agricole pour réduire les impacts des crises alimentaires et écourter les périodes de soudure. Les solutions pour une agriculture résiliente et adaptée au changement climatique sont connues. Reste à poursuivre les efforts de diffusion des techniques et de production de semences adaptées pour atteindre des résultats plus larges sur la sécurité alimentaire.
Filières et politiques agricoles
Promouvoir le développement économique des territoires ruraux implique d’agir contre les inégalités d’accès aux moyens de production et pour un partage équitable des fruits de la croissance. Le Gret appuie la sécurisation foncière des petits producteurs ruraux, la valorisation et la commercialisation des productions agricoles locales, l’accès au marché et la régulation des échanges.
Dans un contexte de forte croissance démographique, notamment en Afrique, et de volatilité des prix sur les marchés internationaux source d’inégalités, les objectifs de sécurité et de souveraineté alimentaire sont indissociables. Cela passe par la réconciliation de l’offre de production agricole locale et la demande alimentaire croissante, notamment des villes. Depuis sa création, le Gret intervient sur le développement rural et les filières agroalimentaires, en recherchant des modèles favorisant la durabilité sociale, économique et environnementale de la petite agriculture familiale. L’approche du Gret se fonde sur une intégration des dimensions foncière, productive (en favorisant des approches agro-écologiques) et commerciale : l’amélioration des méthodes de production agricole et d’élevage, la diversification et l’amélioration de la productivité du travail et des sols. L’appui à l’élaboration et la mise en œuvre de politiques foncières concertées et décentralisées visant la sécurisation foncière des petits producteurs ruraux. La structuration des filières et l’approvisionnement alimentaire des villes et des marchés nationaux et régionaux, avec un rôle central des petites entreprises de transformation dans cette structuration et l’emploi des femmes et des jeunes. Le renforcement des capacités des organisations de producteurs et des organisations professionnelles et l’appui à la création de cadres interprofessionnels. Le renforcement des capacités des acteurs à l’élaboration et au suivi des politiques publiques agricoles et commerciales nationales, régionales et internationale.
Faut-il rappeler que fondé en 1976, le Gret est une ONG internationale de développement, de droit français, qui agit du terrain au politique, pour lutter contre la pauvreté et les inégalités. Ses professionnels interviennent sur une palette de thématiques afin d’apporter des réponses durables et innovantes pour le développement solidaire. Ses 700 professionnels mènent 150 projets par an dans une trentaine de pays.