Orphelin de l’aide depuis 2006, Madagascar l’est selon un récent constat de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cette structure regroupe les pays riches et émergents et donc les plus grands donateurs d’aide publique au développement dans le monde. Autrement dit, les bailleurs de fonds sur lesquels le pays compte pour financer 70% du Programme d’investissement public (PIP) de Madagascar. En 2015, l’OCDE a recensé 11 pays orphelins de l’aide depuis 2006. Dix pays sur les 11 sont des Etats fragiles et Madagascar est sur cette liste. Quand on parle d’orphelin de l’aide, cela veut dire que le pays concerné ne reçoit pas suffisamment de financements extérieurs, notamment sur la période étudiée, soit entre 2006 et 2012. Dernièrement, le président de la république était fier d’annoncer que le pays compilait dans les 983 millions de dollars d’aides pour les prochaines années. Ce chiffre est à comparer à celles reçues par l’Ethiopie en 2012 (plus de 2,5 milliards de dollars) et à celles du Bangladesh (plus de 2,7 milliards de dollars). Comme Madagascar, ce pays est parmi les plus exposés aux effets néfastes du changement climatique. Mais il réussit plus que la Grande Ile à redorer son image et à attirer ainsi la confiance des bailleurs de fonds.

A Madagascar, les dirigeants sont incapables de mener une telle politique tout comme ils n’ont aucune stratégie efficace pour moins dépendre des aides extérieures. Car s’il faut compter sur la progression anémique des recettes fiscales et la formalisation au compte-gouttes de l’économie informelle, l’Etat devra mettre plusieurs décennies pour étoffer sa caisse. Le pays ne peut pas non plus s’appuyer sur les recettes non fiscales dont notamment les dividendes des entreprises à participation de l’Etat. Ce dernier n’a pas la volonté politique de redresser ses sociétés à l’instar d’Air Madagascar et de la Jirama qui s’enlisent dans des crises à répétition et interminables. Jusqu’ici donc, la croissance et le développement dépendent des bailleurs de fonds. Or, Madagascar ne figure pas sur les priorités de ces derniers si on se réfère à l’étude de l’OCDE. Les dirigeants devraient ainsi chercher d’autres voies et moyens pour y remédier ou améliorer du moins l’image du pays pour séduire les bailleurs.

Le contexte politique actuel ne va pourtant pas dans ce sens. Le régime en place, trop poltron pour affronter la concurrence, est occupé ailleurs et surtout à verrouiller le pouvoir pour remporter facilement les présidentielles en 2018. A ce rythme, Madagascar risque de ne pas bénéficier des 240 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) promis par le FMI, d’ici mai 2016. En effet, le décaissement de ce fonds à étaler dans le temps, dépend de la progression des réformes économiques arrêtées avec le FMI. Mais lesdites réformes peinent à progresser.

Fanjanarivo