"Non, c'est loin de chez nous", avons-nous l'habitude de nous dire pour minimiser les choses. Le Kenya est pourtant juste à côté et sa capitale, Nairobi, n'est qu'à trois heures de vol d'Ivato. Normal donc qu'à notre aéroport international, on devrait prendre conscience voire s'inquiéter ce qui se passe dans les aéroports kenyans.
Lundi dernier, l'agence de presse panafricaine, PANA, dit notamment avoir vu un rapport sécuritaire qui indique que les forces de sécurité kenyanes ont déjoué un attentat suicide du groupe terroriste, Al Shabaab qui tentait d’utiliser 11 commandos suicide qui se confondaient aux passagers, pour faire exploser un avion à l’atterrissage dans les principaux aéroports de ce pays de l’Afrique de l’Est. “Nous avons reçu une information qu’Al Shabaab envisageait de mener des attentats terroristes dans des aéroports kenyans en fin février et début mars 2016”, a indiqué le patron des services de sécurité des aéroports kenyans (Kenya Airports Au-
thority, KAA), Eric Kiraithe dans un mémorandum interne en date du 26 février. Le mémo indique qu’Al Shabaab envisageait de mener des attentats contre des liaisons intérieures par des nationaux qui allaient déclencher leurs bombes durant l’atterrissage à l’aéroport international Jomo Kenyatta ou à l’aéroport Wilson à Nairobi, qui sert de plateforme pour les vols commerciaux légers en service dans la région de l’Afrique orientale. Le mémo révèle qu’une équipe de 11 commandos suicide ont été formés dans un lieu non précisé pour préparer ces attaques dont au moins cinq devaient cibler Nairobi et les autres l’aéroport de Mombasa. “Ces attaques planifiées par Al Shabaab contre les aéroports kenyans allaient paralyser les dans les installations vitales avec des conséquences graves sur la sécurité nationale. Mettez-tout en oeuvre pour éviter toute éventualité”, indique le mémo.
A priori, ces informations ne nous concernent pas. D'autant plus que les attaques terroristes étaient planifiées sur des lignes intérieures. Des indiscrétions entendues à Ivato rapportent cependant de sérieuses inquiétudes de la part des autorités kenyanes et de Kenya Airways sur le niveau de sécurité à notre aéroport international. Le groupe terroriste Al Shabaab visant Nairobi. Il n'est pas exclu que les commandos suicides n'opèrent pas à bord d'appareils en provenance de l'extérieur dont Ivato par exemple.
L'éventualité ne veut pas être alarmiste. Mais elle n'est pas du tout à exclure quant on se base d'une part, sur ce qui se passe à Ivato et d'autre part la filière de la drogue qui relie Nairobi et Antananarivo. Cette filière peut être très bien utilisée par le groupe terroriste pour transférer des commandos avec leurs matériels. La fluidité des trafics d'or, de devises et d'animaux ainsi que le laisser-aller à Ivato indiquent qu'il suffit de gros paquets de notre pauvre monnaie pour tout faire embarquer à bord des avions.
L'ACM, la PAF ne se sentiront certainement comme non responsables au cas où des kamikazes monteront à bord des avions de Kenya Airways à Ivato. Al Shabaab a sévi, il y a un mois de cela, grâce à la complicité d'un individu qui a remis la bombe au terroriste déjà en sous- douane. A Ivato, n'est-ce dans cette zone que tout se passe ?
En tout cas, ce qui s'est passé en Somalie et ces attentats déjoués au Kenya doivent alerter au maximum les responsables compétents. Le moindre incident fera capoter le sommet de la francophonie si cher au régime. Mais au-delà de ce rendez-vous international, c'est de l'avenir du pays qu'il s'agit. En effet, nous misons sur le tourisme. Mais que nous restera-t-il si les compagnies aériennes ne nous desserviront plus?
Sa
