Madagascar possède des richesses naturelles et des potentialités touristiques exceptionnelles. Considérée comme «la terre de mille expériences», la Grande Ile est dotée d’atouts uniques qui peuvent lui permettre d’attirer des touristes du monde entier. Avec un patrimoine biologique représentant 2 à 5% de la biodiversité mondiale et un taux d’endémisme exceptionnel (80% pour sa faune et 90% pour sa flore), le pays offre une variété de paysages, y compris des hautes montagnes, des vastes savanes sèches, des forêts tropicales, des côtes protégées, des îles tropicales et de nombreux parcs naturels. De fait, le capital naturel contribue pour plus de 80% à la valeur totale des richesses tangibles par habitant du pays.

Plus, et selon les données des examens de la politique d’investissement (EPI) qu’effectue la CNUCED, il apparaît que le développement du secteur n’est pas à la hauteur des atouts dont dispose le pays. Le tourisme n’est pas à l’échelle des autres pays africains et de l’océan Indien. Par exemple, avec plus de 5000 km de côte, Madagascar n’attire qu’un dixième du nombre de touristes qui se rendent à Maurice, une île dotée d’un peu plus de 320 km de côte (World Tourism Organisation, 2014). La crise politique de 2009 a fortement impacté le secteur, le nombre de touristes ayant chuté de plus 50%. Bien que ce nombre soit à nouveau en hausse, le sommet atteint en 2008 n’a pas encore été retrouvé.

Selon le Ministère du tourisme, des transports et de la météorologie, le secteur comptait avec 38,032 emplois en 2014 (République de Madagascar, 2015f).

Les investissements étrangers directs IED dans le secteur sont très limités. À titre d’exemple, les grandes chaînes internationales d’hôtels, d’affaires et de loisirs sont encore peu présentes dans le pays. En 2013, seulement 0,2% des flux d’IED totaux étaient dirigés vers les «hôtels et restaurants», et la contribution de ce dernier au stock total d’IED dans le pays à 1,8% (INSTAT, 2015). Les investissements proviennent principalement d’Europe, plus spécifiquement d’Italie, le pays qui domine en termes de stock d’IED (plus de 90%) dans les hôtels et restaurants à la fin de 2010 (INSTAT, 2011). Les IED dans le secteur se situent exclusivement dans les zones où les conditions d’infrastructure sont favorables.

La présence d’un aéroport international, selon toujours les mêmes informations CNUCED, est ainsi indispensable. Ceci est notamment le cas dans le Nord- Ouest du pays à Nosy Bé, où les investisseurs italiens ont opté pour un modèle d’intégration verticale et, dans une moindre mesure, dans la capitale Antananarivo, où se trouvent quelques hôtels à capitaux étrangers.

Et dans ce contexte, la CNUCED de rappeler que le développement du tourisme par les IED a été l’un des facteurs principaux dans la sortie du Cap-Vert, des Maldives et de Samoa de la liste des PMA (CNUCED, 2010a). À Madagascar toutefois, de nombreux obstacles freinent le développement du secteur et l’attraction des IED. Les infrastructures d’accès aux différentes zones touristiques que le Gouvernement veut promouvoir dans le PND sont peu développées.

Par ailleurs, note-t-on, le financement est désormais un défi même pour les grands investisseurs potentiels, conséquence en partie de la décision des banques de limiter la durée des prêts à cinq ans maximum afin de mieux contrer les risques liés à de l’instabilité politique. Cela a un impact direct sur la compétitivité puisque des amortissements sur de courts termes se reflètent dans les prix des chambres. Les tarifs d’importation élevés étaient également relevés comme un obstacle par les investisseurs, de même que les ressources humaines qui demeurent largement insuffisantes pour un secteur qui dépend de façon importante de la qualité du service. La nécessité de renforcer les ressources humaines dans le secteur a été soulignée dans le Plan directeur touristique de 2004 et pourrait bénéficier d’une actualisation. Enfin, des possibilités d’approvisionnement local faibles ainsi que les coûts élevés du transport aérien, tant au niveau national qu’international, constituent des obstacles importants à la compétitivité du secteur…

Aussi, recommande-t-on, surtout, l’élaboration d’ un Plan de développement de Madagascar qui comprend les modèles de développement et le rôle des IED. Ce dernier permettrait de définir plus clairement la vision souhaitée pour le développement de ce secteur. Cela implique de déterminer la vision souhaitée pour le secteur du tourisme à Madagascar ; de définir les objectifs clairs pour cette vision et déterminer les modèles de développement à mettre en place pour les atteindre. Cela implique la définition des stratégies pour répondre aux défis du secteur identifié , y compris les infrastructures de soutien, le capital humain et la compétitivité, d’identifier les régions et projets touristiques que le Gouvernement souhaite développer et les prioriser. Développer en ce sens des critères d’évaluation sur la base des tendances de l’industrie touristique régionale et mondiale, ainsi que des études de benchmarking, d’analyser la façon dont les divers accords régionaux peuvent contribuer aux objectifs du secteur, par exemple, à travers la promotion touristique régionale ou le développement d’offres touristiques régionales, et notamment, d’inclure le développement hôtelier et touristique de la capitale malgache dans le plan de développement, ainsi que dans l’élaboration de la Politique de développement de l’hôtellerie. Le développement des infrastructures de transport, aérienne et routière entre la capitale et les diverses zones touristiques dans le territoire est indispensable pour affirmer le potentiel de hub d’Antananarivo.