Devant un groupe de maires de la région Vakinankaratra, lors du week-end, le président Rajaonarimapianina a dit un mot des accusations portées contre lui ou contre son fils. Selon lui, à chaque fois qu’on cherche un bouc émissaire, dans les affaires de bois de rose ou autres, on tombe toujours sur lui. Evoquant la liberté de la presse « qui figure dans la Constitution », il s’est déclaré contre la censure, mais a placé les journalistes face à leurs responsabilités, notamment dans certaines affirmations tonitruantes.
Néanmoins, on sentait un orateur qui manifestait de la nostalgie pour la censure de la presse, et qui considère peut-être cette mesure comme le remède à ses déboires actuels. Il reste que son fils Matthieu étant souvent cité dans des affaires fumeuses, Hery Rajaonarimampianina le défend avec fougue mais aussi avec maladresse. Rappelons les propos présidentiels lors des accusations portées contre Matthieu dans le trafic de bois de rose en Thaïlande : « Mon fils n’a jamais vu de bois de rose de toute son existence. Il n’en connaît même pas la couleur ! ». Dans l’affaire de la carrière d’Anjozorobe, Hery Rajaonari-
mampianina réclame des preuves. Mais il est probable que l’enquête sera manipulée par les plus hauts gradés de la Gendarmerie au profit du fils présidentiel, et que les preuves seront escamotées. Comme ces officiers supérieurs et généraux doivent tout (et devront encore tout) au chef de l’Etat, on ne s’étonnera pas s’ils défendent avec acharnement leur bienfaiteur…
En tout cas, plusieurs témoignages font état de l’implication de Matthieu et d’un frère du président Hery Rajaonarimampia-
nina, pasteur protestant de son état, dans les affaires de pierres précieuses. Usant du nom présidentiel et forts de cette protection officielle, l’oncle et le neveu écument les carrières, s’appropriant les pierres les plus intéressantes et les sites les plus prometteurs. Usent-ils de moyens répréhensibles dans ces opérations ? On ne le sait au juste, mais leurs activités sont toujours commentées défavorablement par les exploitants et les villageois des alentours.
Si Hery Rajaonarimampianina surveillait mieux le comportement de son fils Matthieu et de son frère pasteur, il passerait plus de temps à promouvoir l’économie du pays et non à blanchir des proches parents qui sentent le soufre…A moins que l’homme ne prélève une part sur ces agissements et n’encourage, donc, implicitement ces opérations. Remarquons que partout dans l’administration, ce régime carbure de cette manière.
- R.