Quoi qu'on le lui reproche, le président de la République fait preuve d'une qualité qu'on doit lui reconnaître: la fidélité. Il l'a montré lors de conférence de presse à Iavoloha. On ne veut pas parler de ladite affaire Mathieu. Le père de président n'a fait que prendre la défense de son fils. N'importe quel chef de famille aurait fait pareil. C'est tout naturel. Et le contraire aurait étonné sinon inquiété.
Les opérateurs et la classe politique relèvent plutôt ses déclarations sur l'ACD. Alors que l'abandon du projet de taxe maritime était interprété comme un désaveu du ministre Ulrich Andriantiana, le chef de l'Etat qui est forcément à l'origine de la décision, ne le lâche pas. Ce jeune ministre ne fait pourtant pas partie de "la Bande des 9" qui a accompagné le candidat Rajaonarimampianina dans l'aventure présidentielle. Cet ancien ministre de la Transition lui a été plutôt imposé, M. Andriantiana n'est pas non plus le plus brillant du gouvernement. Il collecte même les plus grosses critiques. Le flagrant délit de mensonge sur l'annexe B, c'est lui avec le DG de l'ACM James Andrianalisoa. Le cafouillage sur la concession des aéroports, c'est encore lui mais cette fois-ci avec le ministre d'Etat Rivo Rakotovao. Chez Air Madagascar, il figure parmi les personnalités dont a demandé le limogeage aux côtés d'Henry Rabary-Njaka et de James Andrianalisoa avec lequel il se pavane au salon du Bourget sans se soucier de la crise au sein de la compagnie aérienne nationale. Quant a l'ACD, le principal avocat du projet n'est autre qu'Ulrich Andriantiana même si le principal instigateur désigné par le milieu des affaires et politique est le conseiller spécial français du président, Philippe Leclerc.
Dans toutes ces affaires, le ministre des Transports est toujours sur le devant de la scène. Il semble faire office d'avocat du diable. Ce serait en récompense de cette tâche que Hery Rajaonarimampinina le maintient encore au sein du gouvernement. En politique, ce comportement est particulièrement important. Reste cependant à savoir si c'est vraiment une preuve de reconnaissance ou plutôt une manoeuvre pour ne pas exposer les proches du président.
Hery Rajaonarimampiaina ne peut cependant pas couvrir éternellement ses lieutenants. James Andrianalisoa a montré ses limites pour diriger l'ACM à tel point qu'à Ivato par exemple, d'autres entités pas habilitées à le faire, se sont substitués à l'ACM. Quant à l'annnexe B, on évite de parler deux ans après la nomination de M. Andrianalisoa comme DG de l'ACM. La mission d'inspection de l'Union européenne annoncée venir le mois dernier, n'est toujours pas là.
Henry Rabary-Njaka a été bien limogé de son poste de directeur de cabinet de la présidence et de président d'Air Madagascar mais il reste conseiller spécial et à ce titre, continue de s'occuper de certaines affaires. Les sommes faramineuses que lui et James Andrianalisoa ont pompées chez Air Madagascar pour la levée de la sanction européenne ne les ont jamais inquiétés. Bien au contraire, leur échec qui a coûté cher au pays, a été récompensé par de hautes fonctions.
Quant à l'avocat Philippe Leclerc, il est clair qu'il s'en fout de la pauvreté dans l'Androy ou le délestage en province. Sinon, il aurait demandé au président de placer dans un compte spécial les millions de dollars dont lui et les autres instigateurs se voyaient déjà disposés dans un comte à Dubai avec l'ACD. Les opérateurs étaient étonnés en entendant le président dire qu'avec ce projet, il voulait protéger les opérateurs contre les importations frauduleuses. Si le président est vraiment animé de cet objectif, qu'il fasse d'abord le ménage chez lui, déclarent des hommes d'affaires. Un de ses conseillers, Mbola Rajaonah, serait lié à un trafic douanier portant sur plusieurs milliers de conteneurs d'huile alimentaire.
Si cette thèse est avérée, comment le président peut-il encore le couvrir? De quoi Hery Rajaonarimampianina est-il redevable envers James Andrianalisoa, Henry Rabary-Njaka, Philippe Leclerc? Ne sait-il pas que ces amis sont devenus pour lui des boulets qui peuvent l'entrainer au fond de l'abime de la politique?
Sa
