Bijoutiers, acheteurs, vendeurs et même les acheteurs informels d’Analakely sont invités ce jour à Ampandrianomby par l’Agence nationale de la filière or (ANOR). Cette réunion donnera à cette agence l’occasion de faire connaître et de rappeler les textes qui régissent cette filière, d’améliorer et de coordonner les activités. L’objectif est de faire de la filière un secteur qui contribue au développement durable du pays. Il était temps puisque l’exportation illicite d’or est estimée à 200 millions de dollars par an selon les experts du secteur. C’est une somme faramineuse car avec la moitié de ce montant versé en 2010 par le consortium minier chinois pour l’accès au gisement de fer de Soalala, la transition a pu construire de grandes infrastructures. Citons les hôpitaux « manara-penitra » ou aux normes, le stade de rugby d’Andohatapenaka, le coliséum d’Antsonjombe, et les « tsena mora » à hauteur de 12 millions de dollars. Comme quoi, le pays perd une fortune tous les ans à cause de l’exportation illicite d’or. Il perd par la même occasion un pactole pour étoffer les dépenses d’investissement public.

Le chiffre avancé par le Syndicat des professionnels des petites mines de Madagascar (SPPM) en 2015, est encore plus effarant : le trafic d’or et de pierres précieuses aurait fait perdre à l’Etat près de 10 milliards de dollars ces 15 dernières années. Ce qui donne une moyenne dépassant les 660 millions de dollars par an. Le pays n’arrive même pas à obtenir des bailleurs de fonds 1 milliard de dollars pour les 5 années de mandat de Hery Rajaonarimampianina. La conférence des bailleurs et des investisseurs prévue à Paris en juin prochain risquera également de n’accoucher que d’une souris. Le pays est trop mal gouverné pour que les bailleurs de fonds aient pleinement confiance aux dirigeants pour leur confier une manne financière. La réorganisation de la filière or et des pierres précieuses est donc incontournable si le pays veut disposer d’assez de financement pour l’investissement. Rappelons que cette activité a été déjà annoncée en conseil du gouvernement le 7 avril 2015.       Il a donc fallu attendre près d’une année pour qu’il y ait quelque chose de concret !

Depuis, les acheteurs informels d’Analakely étaient à peine inquiétés. Quelques opérations sporadiques ont été menées à leur encontre sans pour autant les aider à rejoindre le circuit formel ou à maîtriser cette filière informelle derrière laquelle se cachent des exportateurs illicites dont notamment des étrangers. Mais des Malagasy et même des hautes personnalités politiques font partie de la cohorte selon des sources concordantes. Si on revient sur le conseil du gouvernement évoqué plus haut, il était question de « capitaliser les acquis et contrôler la filière ». L’idée est de redynamiser et d’opérationnaliser l’ANOR. Cette agence évolue sous le statut d’un EPIC (Etablissement public à caractère industriel et commercial) et elle est sous la tutelle du ministère auprès de la Présidence chargé des Mines et du Pétrole. La caisse de l’ANOR sera essentiellement alimentée par les quotes-parts sur les frais d’administration minière et sur les redevances minières, le droit de délivrance/renouvellement des autorisations de collecte et de fonte.

Fanjanarivo