L’intégration régionale est un impératif pour l’Afrique. Ses 54 Etats ont, d’après les données de l’Afdb, b esoin « de créer des marchés plus vastes, plus attractifs, de relier les pays enclavés, notamment les États fragiles, aux marchés internationaux (pour qu’ils prennent part à un marché mondial de plus en plus connecté et en partagent les avantages) et de soutenir le commerce intra-africain » (BAD 2013a). La classe moyenne du continent, de plus en plus nombreuse, et sa population jeune pourraient créer une forte demande pour les producteurs de biens et de services, comme l’a montré l’expansion du commerce de détail et des services financiers en Afrique. En offrant les compétences, l’infrastructure et l’environnement des affaires nécessaires, l’Afrique peut améliorer son attractivité pour les investisseurs et s’orienter vers une croissance inclusive grâce à de meilleures opportunités pour tous.

La Banque africaine de développement est bien placée pour favoriser l’intégration de l’Afrique. Depuis sa création, elle a été à l’avant-garde pour dispenser des conseils et une assistance technique et financière à ses pays membres régionaux (PMR). Et la nouvelle Politique et Stratégie d’Intégration Régionale du Groupe de la Banque pour 2014-2023 (PSIR) contribuera à mettre en œuvre la stratégie décennale et guidera l’appui de la Banque aux PMR et aux organismes régionaux d’intégration économique.

Toutefois , les données , actuellement, disponibles, permettent de dire que l’intégration régionale pour Madagascar ne sera pas facile.

Rien qu’au niveau du Marché commun de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique Australe (COMESA) dont Madagascar est devenu membre à part entière en 1995, des obstacles subsistent. Certes, la mise en place de la Zone de Libre Échange (ZLE) implique l'élimination réciproque des droits de douane sur les produits originaires du COMESA. Madagascar a ratifié son adhésion au

Fonds du COMESA en décembre 2014 pour développer l'intégration régionale des pays membres. La contribution financière de Madagascar à ce Fonds s'élève à 400 000 dollars EU, suivant la répartition établie par le COMESA. Et le pays accueillera le 19ème Sommet des Chefs d'État du COMESA et l'Economic Business Forum en octobre 2016. Lors de ce Sommet il assurera la présidence de cette organisation.

Et au sujet de la Communauté de développement de l'Afrique Australe (SADC), les informations du document de référence WT/TPR/G/318 • Madagascar mentionnent que Madagascar est devenu membre à part entière de la SADC le 18 août 2005, tout en adhérant à différents protocoles. Le Protocole sur le Commerce a pour ultime objectif l'établissement d'une Zone de Libre Échange.

En 2009, Madagascar a été suspendu des activités de cette organisation à cause de la crise politique, mais les échanges commerciaux entre les opérateurs ont continué, malgré un déficit chronique de la balance commerciale.

Madagascar a respecté ses calendriers d'abaissements tarifaires, prévus dans le Protocole sur le Commerce. Ce protocole prévoit également la création d'un tribunal destiné à régler les différends entre les membres.

Actuellement, la SADC procède à l'actualisation de son Plan Stratégique de Développement Régional (RISDP) pour la période 2015-2020, et qui a pour objectif de fixer de nouvelles cibles, de nouvelles échéances et le cas échéant, d'introduire de nouvelles stratégies sur les divers programmes à réaliser suivant les nouvelles dynamiques que traversent la scène régionale, continentale et mondiale.

Selon ce RISDP, la mission de la SADC est de promouvoir la croissance économique et le développement socio-économique durable et équitable des pays membres grâce à des systèmes productifs efficients, l'approfondissement de la coopération et l'intégration, la bonne gouvernance, la paix et la sécurité durable, de sorte que la région émerge comme un acteur compétitif et effectif dans les relations internationales et l'économie mondiale.

Dans le cadre du renforcement des échanges intra régionales au niveau de la SADC, Madagascar a été sélectionné avec sept autres États membres pour bénéficier de l'appui d'un nouveau projet financé par la FAO à travers le fonds Africa Solidarity trust Fund (ASTF). Le projet a démarré début 2015 pour une durée de trois ans et va travailler dans les domaines de la sécurité sanitaire des aliments, de la santé animale (animaux aquatiques inclus) et de la santé des végétaux (produits forestiers inclus). L'intitulé du projet est "Strengthening controls of foods safety threats, plant and animal pests and diseases for agricultural productivity and trade in Southern Africa".

En outré, le même document fait état qu’en 2011 lors du 2ème Sommet des Chefs d'État et de gouvernement des trois Communautés Économiques Régionales (CERs), à savoir le COMESA, l'EAC et la SADC, il a été convenu, une signature du lancement du processus de la Zone de Libre Échange (ZLE) Tripartite, par les 26 pays membres. Comme Madagascar n'a pas été représenté, il n'a pu signer la déclaration du lancement du processus des négociations de la ZLE qu'en 2014.

Actuellement, la mise en œuvre de la ZLE Tripartite n'est pas encore effective car les négociations sont en cours.