80 millions de fmg ou 16 millions Ar pour obtenir le grade de général, 75 millions de fmg ou 15 millions Ar pour entrer dans un centre de formation militaire, le même montant pour devenir magistrat, commissaire… Les chiffres font exploser les calculettes. Mais nombreux sont les supposées victimes consentantes ou ceux qui auraient bien voulu tenter leurs chances à parler de ces chiffres.
S’agit-il de simples rumeurs ou de faits qui ont quelques fondements ? Des subalternes avancent avoir découvert le pourquoi de la montée en grade inexplicable de leurs supérieurs qu’ils qualifient de « généraux valopy » ou littéralement de « généraux enveloppe ». Ce contenant suppose le gros pot-de-vin glissé pour obtenir le grade en question. Sinon, des éléments des forces de l’ordre, censés monter en grade n’ont pas tout simplement bénéficié d’un avancement, faute d’espèces sonnantes et trébuchantes. Si sous la Transition, un ministre de la Sécurité publique était connu pour avoir sur son bureau «les tarifs » à payer pour l’avancement, il n’en est plus question maintenant. Tout se fait en sourdine quel que le soit le secteur évoqué.
Quoi qu’il en soit, la corruption est généralisée et handicape de plus en plus les pauvres. Il faut aussi remarquer que les riches, qui peuvent se payer les dessous-de-table, n’ont pas toujours les compétences requises pour occuper les postes concernés. Ils « volent » ainsi les pauvres dont certains devraient être les hommes et les femmes qu’il faut à la place qu’il faut. Auparavant, les concours d’entrée dans tel ou tel corps de fonctionnaires civils et militaires étaient les plus concernés par la corruption.
Depuis quelques temps, même l’avancement dans la carrière professionnelle au sein de l’administration est monnayé. C’est fort probablement l’une des raisons pour lesquelles le pays s’enfonce dans la pauvreté. En effet, la plupart des postes de responsabilités est confiée à des pistonnés et non aux vraies compétences. Quant à la grande majorité des postes politiques, elle se fait à coup de copinage, de favoritisme et de népotisme. Or, une partie de ces postes est connectée à l’élaboration et à la mise en œuvre de stratégies de croissance et de développement.
C’est la raison pour laquelle des formateurs chevronnés s’interrogent, par exemple, sur les compétences de ceux qui ont élaboré le système éducatif actuel. Mais si on jette un coup d’œil sur le Plan national de développement (PND), les critiques pleuvent : plus de la moitié de ce plan ne fait que recenser les erreurs des régimes précédents et selon des économistes, des étudiants en 2ème en économie peuvent faire nettement mieux pour le reste du document !
Pourtant, le PND est la politique nationale en matière de développement social et de croissance économique. Et à sa 2ème année de mise en œuvre, même le gouvernement en parle rarement.
Fanjanarivo
