On peut qualifier de maladroits les propos tenus par le Chef de l’Etat concernant la présumée innocence de son fils, après la fusillade d’Anjozorobe. En sa double qualité de père de la Nation et de père de Matthieu, il n’aurait pas dû intervenir publiquement pour prendre la défense de son fils, surtout pour affirmer que ce dernier ne pouvait pas se trouver à deux endroits différents. Il appartient aux enquêteurs de se prononcer sur ce point. L’article 45 alinéa 3 de la Constitution dispose que le Chef de l’Etat « est le garant, par son arbitrage, du fonctionnement régulier et continu des pouvoirs publics, de l'indépendance nationale et de l'intégrité territoriale. Il veille à la sauvegarde et au respect de la souveraineté nationale tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il est le garant de l'Unité nationale. » Sur la seule base de cette disposition constitutionnelle, le Chef de l’Etat aurait dû se contenter de déclarer qu’il faut laisser la justice faire son travail. Par ses paroles publiques, il a influencé le cours de l’enquête sachant que ses déclarations auraient plus de poids que les accusations des plaignants. Comment le Chef de l’Etat peut-il être garant de l’unité nationale s’il prend coûte que coûte la défense de son fils ? Sommes-nous dans une république ou sommes-nous dans une monarchie dans laquelle le souverain rend la justice selon son bon vouloir? La justice républicaine vient de perdre le peu de crédibilité qui lui restait. C’est à se demander si Hery Rajaonarimampianina est entouré de conseillers.

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