«Nous sommes un peu déçus parce que la société Symbion power n’a pas respecté les délais convenus. Il faut, en effet, rappeler qu’elle est censée résoudre rapidement les délestages qui ont affecté le réseau interconnecté d’Antananarivo. Et elle a promis de faire vite dans la réparation de la centrale à fioul de Mandroseza et ses 40 MW. Entre-temps, elle a exigé beaucoup de préalables. A notre avis, il faudrait revoir le contrat signé avec Symbion power». C’est ce que des sources proches du dossier auprès du ministère en charge de l’Energie avancent. Comme quoi, il n’est pas question d’une éventuelle annulation de ce contrat à polémique mais d’une éventuelle révision dudit contrat. Fort probablement titillé par les débats qui entourent ce contrat, le gouvernement américain vient au secours de Symbion power. Dans un communiqué daté du 10 mars 2016, Symbion, qui s’attaque de manière très acerbe aux médias malagasy, affirme qu’une délégation du gouvernement américain en visite à la centrale de Mandroseza le 8 mars dernier s’est montrée très impressionnée du progrès de la société malgré tous les défis. Parmi les membres de cette délégation, on peut citer Stephen Anderson, chef de mission adjoint de l’ambassade américaine à Madagascar, Eric P. Whitaker, directeur du bureau des affaires de l’Afrique de l'Est au département d'État.  

Sinon, le communiqué laisse entendre que les retards dans la réparation de la centrale de Mandroseza sont de la faute de l’Etat malagasy qui a mis du temps pour signer les contrats de baux, une signature qui n’a été effective que le 9 mars dernier. L’entreprise américaine pointe aussi du doigt la Jirama qui lambine pour signer le contrat de concession confiant ainsi la centrale aux soins de Symbion. Comme quoi, Symbion est une société modèle qui n’a cherché qu’à réparer Mandroseza dans les meilleurs délais et à faire la promotion de Madagascar aux yeux d’autres investisseurs ! En réalité, elle se lave les mains sur les différents retards qu’elle a enregistrés en mettant tout sur le dos de la partie malagasy. Et la presse n’est pas épargnée. Le communiqué précise en effet : « Il est dommage que dans un pays où l’électricité est absolument nécessaire, les investisseurs comme Symbion doivent faire face à de tels retards inutiles et des rapports de médias erronés qui sont alimentés par les concurrents». Certes, le secteur électricité voit évoluer des gros mafieux depuis des lustres, mais ce n’est pas une raison pour critiquer les médias et tout rejeter sur la partie malagasy.

En attendant le redémarrage de Mandroseza, le secteur est toujours très mal en point. Le redressement de la Jirama se fait toujours attendre, alors que les grands projets d’investissement dans les énergies renouvelables n’en sont qu’à leur tout début. Si ces projets-là aboutissent, ils ne seront opérationnels que dans plusieurs années. La demande nationale croît pourtant de 10% par an.