Alors qu’à Madagascar, 60% des jeunes se ruent vers les options littéraires au baccalauréat, l’Afrique lance un appel pour accélérer le développement orienté vers la science. C’est ce que préconise le rassemblement mondial dénommé Next Einstein forum (NEF) qui a ouvert ses portes le 8 mars dernier à Dakar au Sénégal. Ce forum mondial de la science est le premier à se tenir sur le sol africain. Il recommande d’investir dans la science et la technologie pour identifier et éliminer les barrières à l’éducation, pour contribuer au financement de cet investissement. A Madagascar pourtant, le budget public alloué à la recherche et développement (R&D) est à peine de 0,1% du PIB selon les données du Plan national de développement (PND). Et d’après le rapport mondial sur l’innovation 2012, le rang de Madagascar a peu évolué sur ces dernières années : le pays est au 126ème rang sur 141 pays en 2012 s’il était au 113ème sur 125 pays en 2011. Dans la plupart des cas, la R&D ainsi que l’innovation portent sur des domaines scientifiques.

Tous ces chiffres attestent toutefois que Madagascar doit encore déployer de gros efforts pour remédier à tous ces problèmes. Mais auparavant, il devra faire preuve d’une volonté politique pour promouvoir la science, non seulement en matière budgétaire mais également sur plusieurs niveaux. Citons l’amélioration des contenus de l’enseignement technique et scientifique, la mise en place d’infrastructures nécessaires, la sensibilisation des enfants et des jeunes à la Science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM). Le Next Einstein forum qui a vu la participation de dirigeants africains et du monde entier (dont les présidents du Sénégal et du Rwanda), insiste sur la place que les femmes devraient occuper dans ces domaines. Au lieu de se joindre à un tel événement et d’y amener des scientifiques malagasy, les dirigeants malagasy préfèrent gaspiller l’argent public dans des rencontres internationales d’où ils ne rapportent pas grand-chose pour le pays. Or, le NEF est une plateforme pour développer les talents africains. Et Madagascar compte des scientifiques issus de différents domaines dont l’agronomie, l’environnement, l’énergie…

Il n’est pas rare que des scientifiques malagasy optent pour la migration pour jouir de conditions de travail et de vie acceptables. Depuis quelques années, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique déploie des efforts pour rattraper les retards dans ce secteur. Mais il s’agit de grands retards qui s’accumulent depuis des décennies. Malgré tout, un grand atelier national sur le système LMD (licence, master, doctorat) est prévu se tenir courant juin 2016. Il permettra de mettre toutes les universités, grandes écoles et instituts au même niveau d’information et de les aider ainsi à avancer dans la mise en place de ce système. Le ministère multiplie aussi les partenariats, notamment avec l’Afrique du sud, l’Institut de recherche pour le développement (IRD), etc.

Fanjanarivo