Selon Cap-Vert .tv du 21 juin 2008, « les méthodes et les compétences de M. Filiatreaut, dont le contrat fut prolongé de six mois à la fin 2007, furent lourdement contestées par le personnel et par la presse d’opposition. A quelques jours de la haute saison touristique, alors qu’un mouvement de grève fut évoqué, le gouvernement capverdien limogea brutalement le Canadien et le remplaça à la tête de la compagnie aérienne TACV, par un Capverdien. »

Le gouvernement malgache va-t-il faire la même erreur en renouvelant son contrat qui expire bientôt, ou attend-il d’être à nouveau acculé par un mouvement du personnel alors que la haute saison touristique se profile.

Après avoir mis fin à tous les contrats à durée déterminée arrivant à leur terme, ainsi que les emplois temporaires, le nouveau DG va maintenant réduire, selon des membres du personnel, le nombre de responsables comme les chefs de service. Et de peur d’affronter le personnel qui va travailler plus pour gagner moins, il s’invente une mission de 15 jours à l’étranger (ce Monsieur voyage beaucoup).

A son arrivée, ils disaient :

« Partout où je suis allé, je n’ai jamais demandé un sou aux gouvernements et ce n’est pas à Madagascar que je vais commencer ». Et pourtant, à la fin de l’année 2015, le gouvernement a débloqué une subvention de plusieurs milliards d’ariary et a consolidé des dettes fiscales et douanières, ainsi que des comptes courants d’associés.

La maigre flotte d’Air Madagascar demeure sous exploitée. La norme pour un A340 est, par exemple, de 14 heures de vol par jour, alors que pour Air Madagascar, ce type d’avion effectue en moyenne 9 heures de vol par jour. Même topo pour le Boeing 737-800, récemment acquis qui doit voler entre 10 et 12 heures par jour, alors que dans la réalité cet appareil effectue seulement en moyenne 5 heures de vol par jour.

Depuis janvier, un A340 ne vole plus du tout et l’autre n’assure plus que deux vols hebdomadaires vers la France, soit au total 46 heures de vol par semaine pour les deux A340, et une moyenne journalière de 3h20 de vol par Airbus. Belle performance !

Sur l’axe Tana/Johannesbourg, le remplissage du Boeing 737 800 aurait été désastreux. Pendant ce temps, Airlink, qui a un excellent taux de remplissage, va ouvrir un vol hebdomadaire Johannesbourg/ Nosy Be à compter du 20 mars, et envisagerait même d’ouvrir 6 autres vols par jour Tana/Johannesbourg à partir du mois de juin 2016. Au lieu de se poser la bonne question, celle de savoir pourquoi les passagers ne prennent pas les vols Air Mad quand ils ont le choix, le Canadien n’a trouvé de mieux à faire qu’arrêter les vols vers Johannesbourg, diminuant du même coup le nombre moyen d’heures de vol de cet avion.

Le personnel est excédé de ses changements fréquents d’avis, comme par exemple, l’annonce de la fermeture de l’agence de Marseille, et pourtant elle est toujours là. Ensuite, il dit qu’Air Madagascar va rendre le B737 800 et réhabiliter l’ex Air Force One pour finalement retenir le B737 800 et laisser au parking l’autre Boeing.

Après avoir annoncé avoir trouvé des sociétés voulant louer un A340 pour faire des vols Bruxelles/Kinshasa, sa nouvelle lubie ce sont des vols du côté de Djeddah. Puis il paraît qu’il a maintenant trouvé un repreneur pour les A340 qui relouerait des A330 à Air Madagascar. Pendant ce temps, les trois Twin Otters sont au sol et il faut maintenir les qualifications des pilotes et des mécanos sur ces avions, et cela on ne s’en préoccupe pas.

Nous reposons notre question : y a-t-il un vrai pilote dans l’avion ? Le conseil d’administration va-t-il continuer à faire la sourde oreille et ne pas entendre les cris de détresse du personnel qui voit leur compagnie sombrer un peu plus chaque jour ? Va-t-il encore reconduire le contrat de ce vieux Monsieur qui a plutôt besoin de se reposer et partir à la retraite ? Est-ce avec Air Madagascar, dirigé par ce Canadien que le ministre Ulrich (Transports) parviendra à tenir son pari du million de touristes ?

D. R.