38% du budget public pour la santé sont à consacrer aux investissements pour cette année 2016 selon les calculs du Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC), un regroupement d’organisations de la société civile qui fait le suivi du budget public. Ainsi, le secteur ne s’aligne pas sur le niveau de répartition du budget de l’Etat. Ce dernier n’alloue, en effet, qu’un peu plus de 32% de son budget pour l’investissement. Ce qui signifie que le fonctionnement accapare près de 68% des dépenses. Cette répartition a été critiquée maintes fois par des économistes. Elle n’est pas à même de remettre l’économie et le social sur le chemin de la relance. De plus, elle rogne de plus en plus sur l’investissement car auparavant, les dépenses d’investissement ont été de 40% contre 60% pour le fonctionnement. La tendance commence ainsi à s’aggraver et amenuise la part du public dans l’investissement total. Or, l’investissement privé, qu’il soit étranger ou local, laisse à désirer. C’est à cause du climat des affaires pourri et de l’inertie de l’exécutif qui risque de faire germer une nouvelle période d’instabilité politique.

Quant au partenariat public-privé (3P), il peine à se mettre sur les rails, toujours à la suite des problèmes cités plus haut. Certes, le cadre légal pour régir les 3P est finalement sorti mais on en attend encore les décrets d’application. Concernant la santé publique, il pourrait figurer parmi les secteurs susceptibles de faire l’objet de 3P. Mais si ce genre de partenariat est synonyme d’augmentation du coût des prestations et services en milieu médical et hospitalier, il ne devrait pas être institué dans les établissements de santé publics. En effet, les patients supportent déjà 40% de ce coût et c’est une alerte rouge pour un pouvoir d’achat déjà très faible. La construction et la réhabilitation des infrastructures ainsi que la gestion pourraient s’inscrire dans le cadre des 3P. En attendant, il faut souligner que malgré un taux d’investissement supérieur comparé à celui de l’Etat dans son ensemble, le secteur de la santé consacre encore une bonne partie de son budget pour les salaires (48% ou 164,49 milliards Ar). Malgré tout, la part pour les salaires est en baisse de 8% par rapport à la loi de finances rectificative 2015.

Par contre, l’investissement connaît une petite hausse de 3% pour se situer à 131,46 milliards Ar pour 2016. Il est moins loti que le fonctionnement qui affiche une augmentation de 4%. Mais dans la branche investissement, la fourniture de santé de base a la part la plus importante (38%). Ce qui est compréhensible dans le sens où les Centres de santé de base (CSB) répartis tant en ville qu’à la campagne sont les plus proches de la population. Si le ministère a réussi à rouvrir tous les CSB fermés sous la transition, l’accès aux soins demeure encore problématique pour la plus large majorité de la population. Il y a la question de coût mais aussi l’éloignement. Sinon, l’investissement alloué à la lutte contre les maladies représente 21% du Programme d’investissement public (PIP) du secteur de la santé. Comparé au secteur de l’éducation, celui de la santé affiche des performances plus en phase avec son budget. L’éducation peine, par contre, à réaliser des bonnes performances malgré une augmentation assez significative de son budget.

Fanjanarivo