-88%. C’est l’évolution de la création d’entreprises dans le secteur primaire entre 2014 et 2015. Comme quoi, l’agriculture, l’élevage et la pêche n’attirent pas du tout les investisseurs formels si on se réfère à ce chiffre du dernier Tableau de bord économique (TBE) de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Toutefois, plus de 70% de la population active vivent en milieu rural et rares sont ceux qui jouissent de conditions de travail décentes. Mais moins le milieu rural reçoit de l’investissement, moins il est capable de proposer des emplois et donc des moyens de lutter contre la pauvreté. Jusqu’ici pourtant, la pauvreté rurale est toujours plus importante. L’investissement privé pour ce secteur est cependant à l’image de l’évolution négative de la création d’établissements formels évoquée ci-dessus. Côté public, le budget pour le développement rural (agriculture, élevage et pêche) tend à régresser pour ne se situer qu’à 5,7% du budget de l’Etat pour cette année 2016, si elle a été de 7% en 2011. Rappelons qu’elle devrait se situer à 10% du budget de l’Etat suivant l’engagement international auquel Madagascar adhère.

Autrement dit, le milieu rural est orphelin en matière d’investissement. Une lutte contre la pauvreté sans passer par ce secteur ne peut toutefois pas produire des résultats probants étant donné l’importance démographique de la population rurale. Mais le secteur primaire enregistre le recul le plus important en matière de création d’établissements formels entre 2014 et 2015. La relance peine donc à y voir le jour. Elle est même invisible pour ne pas dire inexistante. Ce n’est pas étonnant si la croissance du secteur primaire n’a été que de 0,7% en 2015, contre une prévision initiale de 2%. Cette année, elle devrait se situer à 2,5%. Pour le secteur secondaire, le recul dans la création d’établissements formels a été de -58,7% entre 2014 et 2015. Le secteur est marqué par la chute vertigineuse des cours des minerais depuis ces dernières années. La régression évoquée ci-dessus en témoigne. Mais l’or et les pierres précieuses surfent toujours sur des cours élevés. Ces filières sont toutefois plus marquées par les trafics illicites que par le circuit formel.

Pour le secteur tertiaire, le recul dans la création d’établissements formels est de -42,5% entre 2014 et 2015. C’est pourtant le secteur qui tire l’essentiel de la croissance dans la mesure où l’industrie extractive peine depuis quelques années à remonter la pente avec le fort recul des cours internationaux. Mais il est dominé par le commerce et donc par l’informel dans le sens où le commerce compte plus d’informel que de formel. Et cet informel compte non seulement des petits acteurs économiques mais également des grands importateurs et grossistes. Ces derniers exercent une concurrence déloyale sur le formel dont notamment l’industrie locale.                                   

             Fanjanarivo