La crise de la Jirama se reflète dans l’évolution de la consommation en électricité des ménages et de l’industrie. Le dernier Tableau de bord économique (TBE) de l’Institut national de la statistique (INSTAT) indique qu’entre 2014 et 2015, cette consommation n’a connu qu’une hausse de 2,5%. Celle de l’industrie et services est encore plus modeste en affichant une minuscule progression de 1,2%. Comme quoi, ces deux secteurs peinent à se remettre sur les rails de la relance. Particulièrement pour l’industrie, pourvoyeuse d’emplois décents et pérennes, elle contribue aussi de manière significative aux recettes fiscales. Mais sa consommation en électricité est révélatrice de ses différents problèmes. Lorsqu’elle ne progresse pas, cela veut dire que bon nombre d’unités industrielles ne fonctionnent pas en pleine capacité. Nombreuses sont celles qui doivent maintenant ne fonctionner qu’avec la moitié de leur capacité. Certaines doivent même opter pour le chômage technique d’une partie de leur personnel étant donné qu’elles mobilisent moins de la moitié de leur capacité.

Ces industries évoluent, pour la plupart, dans les secteurs concurrencés déloyalement par les importations frauduleuses. Celles-ci ne cessent de se développer mais elles affichent des prix bradés qui se situent souvent à la moitié des tarifs proposés par les industriels locaux. Ce problème se vérifie notamment dans des secteurs comme l’agro-industrie, l’industrie des boissons, l’industrie du savon, etc. Ce n’est pas étonnant si de nombreuses industries tournent au ralenti et consomment donc moins d’électricité. Il faut d’ailleurs remarquer que la fourniture d’électricité est un service dont la qualité est loin d’être bonne à cause des coupures et délestages. Il faut y ajouter l’insuffisance de l’offre face à la demande. Quoi qu’il en soit, la consommation des ménages affiche une croissance supérieure à celle des industries, soit 3,5% sur la période étudiée. Quant à l’éclairage public, sa croissance entre 2014 et 2015 est de 2%. Ce chiffre est évident dans le sens où les villes du pays sont souvent plongées dans le noir. Il n’y a qu’à observer la quasi-totalité des quartiers de la capitale la nuit. La lumière y est chiche ou n’existe pas tout simplement.

Cette situation favorise la montée de l’insécurité. Car même des quartiers réputés être calmes connaissent depuis ces derniers temps des attaques de bandits et des vols à la tire. Les bandits opèrent à la tombée de la nuit ou au petit matin en profitant de l’obscurité. Comme quoi, la restauration de la sécurité n’exige pas toujours des grands moyens mais dans certains cas, elle demande seulement la dotation d’ampoules pour les poteaux sur les bords de rue. Notons toutefois que l’éclairage public solaire peut être une solution qui peut être cher à l’investissement mais très abordable en entretien. Seulement, il n’est pas autorisé là où la Jirama opère. Une situation qui demande à être révisée.

Fanjanarivo