Du 4 au 6 mai prochain à Maputo au Mozambique, le sommet sur l’énergie et les infrastructures en Afrique australe (SAIES) permettra aux pays de la SADC d’examiner les projets énergétiques et d’infrastructures en quête d’investissement. D’ores et déjà, Gigawatt Mozambique a annoncé un investissement de 200 millions de dollars en partenariat avec des acteurs majeurs comme la Standard bank et la Banque mondiale. Ce projet vise à exploiter les ressources naturelles en gaz du Mozambique en vue d’approvisionner de nombreux pays voisins. Il sera présenté et examiné lors du sommet. Qu’en est-il de Madagascar ? Le ministère en charge de l’Energie a déjà lancé le processus pour attirer des investisseurs sur des grands projets hydroélectriques. Si le processus suit son cours, ces projets déjà annoncés sous le régime Ravalomanana, devront encore prendre plus de 5 ans pour donner de l’électricité. Le sommet de la SADC pourrait accélérer les choses si le pays y investit pour dénicher des investisseurs stratégiques. Madagascar dispose d’ailleurs d’importantes ressources renouvelables comme l’hydroélectricité, le solaire, l’éolienne (notamment pour le Sud et le Nord), etc.
Au lieu d’attendre sagement que les investisseurs viennent à Madagascar, un pays où les facilités de faire des affaires n’existent guère, le pays gagnerait à faire sa promotion à l’extérieur. Il faut rappeler, en effet, qu’il est au dernier rang en matière de raccordement à l’électricité, soit au 188ème rang sur 188 économies suivant le Doing business 2016 de la Banque mondiale. Dans la région SADC, les projets électriques sont nombreux. Et des pays du continent comme le Mozambique et l’Ethiopie ont l’avantage de pouvoir développer des projets devant approvisionner plus d’un pays à la fois. Cette approche régionale intéresse les investisseurs tant publics que privés. Madagascar n’a pas cette opportunité étant donné qu’il est une île. Par contre, ses richesses en ressources énergétiques, notamment renouvelables, couplées avec ses potentiels dans des secteurs comme l’industrie extractive, l’agro-industrie et le tourisme, devraient faire la différence. Autrement dit, une éventuelle participation au SAIES de Maputo requiert des sérieux préparatifs qui devraient concerner non pas seulement l’énergie mais également d’autres secteurs.
C’est un passage obligé si Madagascar veut obtenir des résultats dans le sens où l’espace SADC présente des concurrents redoutables. En effet, cette région est connue pour son dynamisme économique dont énergétique, les progrès en matière de gouvernance, de renforcement des institutions et de consolidation de la démocratie. Madagascar est loin d’afficher de tels indicateurs et devra donc bien ficeler ses dossiers pour séduire les investisseurs potentiels.
Fanjanarivo