Afin de mieux comprendre la malnutrition infantile chronique, AFRIBIOTA, un ambitieux programme de recherche multidisciplinaire, réunit depuis lundi plus de 30 scientifiques et cliniciens malgaches et internationaux à l’Institut Pasteur de Madagascar, à Antananarivo.
Ce programme, associant recherches fondamentales et cliniques, notamment l’étude du microbiote intestinal des enfants, sciences sociales et neurosciences, vise à développer de nouvelles approches de diagnostic facilement utilisables sur le terrain.
Plus , un article paru dans Le Mauricien du 9 March fait état , en indiquant l’Institut Pasteur de Madagascar qu’un enfant sur 4, âgé de moins de 5 ans, souffre de malnutrition chronique dans le monde. « À Madagascar, 47% d’entre eux sont affectés par ce fléau. La malnutrition est un des facteurs majeurs du fort taux de mortalité infantile chez les moins de 5 ans qui, dans ce pays, culmine à 56 décès pour 1 000 naissances. Elle peut également être à l’origine d’anomalies du développement physique, de performances cognitives amoindries et de certaines difficultés d’apprentissage. La malnutrition alimente ainsi le cercle vicieux de la pauvreté en pesant lourdement sur les possibilités de développements sociaux économiques des générations futures », affirme-t-il.
Coordonné par le Pr Philippe Sansonetti, responsable de l’unité de pathogénie microbienne moléculaire à l’Institut Pasteur de Paris, le programme de recherche AFRIBIOTA propose une approche multidisciplinaire innovante pour mieux comprendre la malnutrition chronique. D’après cet institut, les scientifiques s’intéresseront à un syndrome inflammatoire chronique de l’intestin connu sous le nom d’entéropathie environnementale pédiatrique (PEE). Celui-ci, en perturbant le fonctionnement de l’intestin, en empêchant l’assimilation correcte des aliments et en affaiblissant le système immunitaire, est aujourd’hui reconnu comme une des causes majeures de la malnutrition. « La PEE touche plus de 75% des enfants dans les pays en développement. En dépit de son impact massif sur la santé infantile, les données scientifiques sur ce syndrome sont quasiment inexistantes », explique le Pr Sansonetti.
Et Le Mauricien de souligner que l’AFRIBIOTA compte mobiliser plus de 50 chercheurs, cliniciens et professionnels de la santé dans une approche multidisciplinaire inédite. Une étude clinique, menée dans chaque pays auprès de 460 enfants identifiés dans les hôpitaux partenaires du projet, permettra de mesurer le nombre d’enfants souffrant d’entéropathie environnementale pédiatrique, de mieux comprendre les mécanismes biologiques et physiologiques, qui en sont à l’origine, et d’identifier des marqueurs de ce syndrome afin de développer un test de diagnostic facilement utilisable sur le terrain. « À l’aide de technologies de séquençage les plus avancées, nous étudierons les perturbations de la flore de l’intestin supérieur et de l’estomac qui sont, selon nous, à l’origine de l’entéropathie. Cette étude n’a jamais été entreprise jusqu’ici », a indiqué le Pr Sansonetti.