La récente sortie médiatique du ministre de l’élevage et ex-ministre de l’environnement est la n-ième preuve de la particularité des dirigeants actuels « l’irresponsabilité ». C’est semble-t-il le mot d’ordre qui plus est le président de la république lui-même avait déjà déclaré il n’y a pas si longtemps que « ce n’est pas de sa faute » tous les malheurs des malgaches et de Madagascar. Ce n’est pas de sa faute, il n’est en rien responsable ! Voilà que l’ex-ministre de l’environnement par rapport au procès bois de rose à Singapour se décharge de sa responsabilité ; il en est de même également de l’actuel ministre de l’environnement qui jusqu’à maintenant n’a pas réussi à endiguer les trafics de bois de rose, qui plus est la loi portant création de la chaîne spéciale de lutte contre les trafics de bois de rose attend toujours son décret d’application, un décret Beboarimisa ? C’est bien là le drame de Madagascar, ils sont plusieurs à déposer des CV pour avoir un poste, ils sont plusieurs à vouloir avoir un poste de responsabilité, mais ils disparaissent des radars quand il s’agit d’assumer des responsabilités. Personne n’est responsable et si d’aventure il faut assumer il est hors de question de couler seul donc on embarque tout le monde avec soi. C’est une décision collégiale, c’est une décision prise en conseil des ministres, c’est une décision prise en conseil du gouvernement, je suis en réalité incapable de prendre des décisions seul… Fuyant les responsabilités, les dirigeants irresponsables se renvoient la balle, mais sont incapables d’avoir un regard honnête sur leur incompétence ou leur irresponsabilité et sont incapables de prendre la décision de démissionner ! On se demande s’ils n’ont pas un tout petit honte que la justice de Singapour mette à nu les interventions des autorités étatiques pour justifier des exportations de bois de rose ; on se demande s’ils n’ont pas un tout petit peu honte qu’un des gros bonnet des bois de rose, inculpé, arrêté, ait passé une nuit en prison et ait pu en sortir grâce à des interventions alors même qu’ils passent leur temps à dire qu’il faut cesser ces trafics de bois de rose, ils demandent même sans honte ni vergogne des appuis des partenaires techniques et financiers qui pointent eux-mêmes du doigt le double langage des dirigeants malgaches. On se demande s’ils n’ont pas cette honnêteté de se dire, je suis incapable de faire le travail qu’on attend de moi pour différentes raisons, il est préférable que je démissionne. Par contre on s’attend au film classique, le jour où ces ministres seront éjectés du gouvernement ils vont grossir le rang des « opposants » et ce jour ils vont eux-mêmes dénoncer les interventions, dont les leurs, qui empêchent de lutter effectivement contre les trafics de bois de rose. Pour l’heure, il est hors de question de démissionner, c’est tellement bien ce train de vie ; il est hors de question de prendre ses responsabilités, c’est tellement plus simple de dire que c’est la faute aux autres ; il est hors de question d’être responsable !
Anaïs T.
