La politique commerciale de Madagascar doit prendre en compte le fait que dans l’économie mondiale actuelle, les processus de production sont de plus en plus spécialisés et mis en œuvre par des entreprises réparties dans le monde entier. La politique commerciale doit se concentrer tout autant sur les importations que sur les exportations.
Plus, selon les informations publiées dans l’Étude Diagnostique sur l’Intégration du Commerce (EDIC) 2015 Uniformisation des Règles du Jeu pour une Croissance Renouvelée et Partagée Préparé pour le ministère du Commerce et de la Consommation de Madagascar, avec le financement du Cadre intégré renforcé (CIR), Genève, et à la demande du gouvernement de Madagascar, la Banque mondiale a joué un rôle de premier plan dans la préparation de cette mise à jour de l’EDIC, il apparaît , entre autres, que les anciennes stratégies de développement industriel qui ont permis l’émergence des chaînes d’approvisionnement ne fonctionnent plus, en particulier dans une petite économie comme Madagascar. Qu’elles participent ou non à une filière internationale, toutes les entreprises sont en réalité en concurrence avec des entreprises qui font partie de ces filières et bénéficient de l’accès à des intrants de qualité peu coûteux dans le monde entier. Pour réussir, toutes les entreprises doivent impérativement avoir accès à ces intrants intermédiaires de qualité, à faible coût. Les politiques doivent également viser à réduire les autres coûts qui réduisent la compétitivité des entreprises. Ces réformes intérieures visant à supprimer les entraves au commerce doivent compléter ce que l’on appelle généralement la « politique commerciale ».
Et la même Etude de faire état, surtout, que conscient de ce défi, le gouvernement de Madagascar a demandé à la Banque mondiale une mise à jour de l’Étude diagnostique sur l’intégration du commerce (EDIC) élaborée entre 2001 et 2003 en vue d’identifier les principaux obstacles à l’intégration dans les marchés internationaux. La mise en œuvre des réformes proposées dans l’EDIC de 2003 a été très limitée : seulement 16 des 29 actions proposées ont été partiellement ou entièrement mises en place. Les efforts ont surtout porté sur la réalisation d’autres études, et non sur la mise en œuvre de réelles réformes politiques. Cette mise à jour de l’Étude diagnostique sur l’intégration du commerce (EDIC) identifie les contraintes politiques liées au commerce qui entravent le développement commercial de Madagascar, la diversification et le renforcement de sa base de production, et définit les actions et les réformes prioritaires. L’objectif de cette mise à jour est de formuler une matrice hiérarchisée et déterminante de réformes politiques pouvant servir de structure de soutien pour tous les partenaires du développement dans le domaine du commerce et de la compétitivité, et contribuer à relancer la croissance économique si elles sont systématiquement mises en œuvre. Si le manque d’infrastructures est chronique à Madagascar, les recommandations de cette étude portent sur la réforme des politiques (plutôt que sur les investissements matériels), essentielle pour optimiser l’impact de ces investissements. L’ouverture commerciale peut jouer un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté, mais des politiques complémentaires sont également indispensables. Ces politiques doivent viser à protéger les plus vulnérables des effets négatifs, car l’ouverture commerciale ne bénéficie pas automatiquement aux personnes démunies. Faciliter le flux de main d’œuvre vers des secteurs plus productifs, et vers les entreprises productives dans ces secteurs, doit être la pierre angulaire de ces politiques, en protégeant efficacement les personnes, non les emplois, en facilitant l’adaptation de l’offre à la demande, sans créer de nouvelles rigidités. Il sera essentiel d’établir des règles du jeu uniformes et équitables pour ouvrir la voie à des nouveaux investissements étrangers et nationaux et à une plus forte concurrence.
En outre, l’étude constate qu’un certain nombre de problèmes multisectoriels entravent la croissance du secteur privé, indispensable à la reprise économique. Avec 22 millions de personnes dont le revenu moyen s’élevait à 447 dollars EU en 2012, soit un retour au niveau de 2001, le poids économique de Madagascar reste faible et l’accès aux marchés d’exportation sera essentiel pour permettre aux entreprises de bénéficier d’économies d’échelle et d’une croissance soutenue. À Madagascar, la productivité moyenne du travail est faible, bien qu’il existe de grandes différences à l’échelon sectoriel et régional, ce qui indique que si les conditions et les procédures sont favorables, les entreprises peuvent prospérer. L’offre de main d’œuvre spécialisée et possédant les compétences professionnelles requises est limitée, en particulier hors de la capitale, l’accès à la terre reste difficile, et l’accès au financement est restreint car les prêteurs sont encore réticents face aux risques. En outre, la concurrence dans de nombreux secteurs critiques est entravée par les pratiques des entreprises informelles comme par les entreprises en place, ce qui a une incidence négative sur l’accès aux intrants essentiels pour les entreprises en aval. Ajoutés à un environnement juridique et réglementaire faible, un système judiciaire inefficace, des problèmes endémiques de gouvernance au sein du gouvernement et des institutions privées, ces facteurs rendent toutes activités économiques extrêmement difficiles, où certaines relations entre les décideurs de l’administration et les membres du secteur privé ont tendance à persister ...