Le Pr Zafy Albert met la dernière main à son livre intitulé « La vérité historique sur Madagascar », fort de trois tomes. On chuchote que l’ouvrage pourrait être présenté publiquement le 1er mai prochain, date du 89ème anniversaire du chirurgien. L’homme en effet est né le 1er mai 1927 à Betsiaka, près d’Ambilobe (Nord), et arbore une santé et un dynamisme que beaucoup de personnes du troisième âge envient certainement. En tout cas, Zafy Albert exploite sa forme physique exceptionnelle pour écrire un second livre, le premier, achevé en 2003, est intitulé « Un roublard au pouvoir ». Ce dernier ouvrage est un pamphlet caustique qui dénonce les pratiques de l’homme d’affaires alors au pouvoir, Marc Ravalomanana. Dans « La vérité historique sur Madagascar », Zafy Albert, apprend-on, donnera sa version sur certains pans de l’histoire restés dans l’ombre. Par exemple l’assassinat du colonel Richard Ratsimandrava, chef d’Etat et chef du gouvernement, en février 1975. Par exemple aussi la « Marche de la liberté » du 10 août 1991, lors duquel il a conduit des centaines de milliers de manifestants devant le palais présidentiel d’Iavoloha. On sait qu’une vive réaction de la garde présidentielle de l’amiral Didier Ratsiraka a provoqué ce jour-là une soixantaine de morts.
Un livre au titre un peu trop prétentieux donc, mais on en mesure cependant l’intérêt historique. Le Pr Zafy Albert compte en effet parmi les rares survivants du gouvernement Ramanantsoa de 1972-1975, dont il était un membre aux côtés du colonel Richard Ratsimandrava et de l’amiral Didier Ratsiraka. Il est aussi un des rares rescapés de la direction des Forces Vives qui a décidé en août 1991 d’entraîner les manifestants de la Place du 13 Mai vers le palais d’Iavoloha. A défaut d’énoncer la seule vérité, le livre fournira la version d’un témoin clé de ces périodes tourmentées. On reconnaîtra un mérite au Pr Zafy Albert : il prend la peine d’écrire ses livres, malgré son âge. Paru en juillet dernier, «Didier Ratsiraka : transition démocratique et pauvreté à Madagascar », n’a pas été écrit de la main de l’amiral. Ce livre est un recueil des entretiens accordés par Didier Ratsiraka à Cécile Lavrard-Meyer, historienne française qui enseigne à Sciences Po Paris. En présentant cet ouvrage, l’amiral a suscité la réprobation en mettant l’assassinat du colonel Ratsimandrava sur le dos du général Gilles Andriamahazo…
A.R