Grosse affaire de kidnapping à Tamatave, la Présidence de la République ou le Ministère de la justice a dessaisi le tribunal de Tamatave, peu importe…les citoyens attendent la suite. Qui est réellement le cerveau du kidnapping, le syndicat des magistrats et le procureur de Tamatave avaient-ils raison de défendre mordicus la non implication d’un des leurs de près ou de loin dans cette affaire, le magistrat arrêté finalement est-il impliqué et jusqu’où dans cette affaire ? Pour étouffer l’affaire l’annonce de l’arrestation d’un magistrat a été beaucoup relayée mais par la suite plus aucune information n’est donnée aux citoyens qui ont le droit de savoir. Oui, la population a le droit de savoir ce qu’il en est, non pas pour entrer dans la vie du jeune garçon victime de kidnapping et de la jeune fille tuée, mais parce que la population a le droit de savoir que ce crime odieux ne reste pas impuni, la population a le droit de savoir si un magistrat, celui qui est censé appliquer la loi peut être impliqué dans une affaire aussi sordide, la population a le droit de savoir si c’est ce magistrat qui est le cerveau de cette affaire ou s’il n’est que la face cachée de l’iceberg, la population a le droit de savoir s’il vit encore dans un Etat de droit. A côté de cette affaire de kidnapping est venue une autre affaire celle d’Anjozorobe. Une fois de plus la population a le droit de savoir. Elle a le droit de savoir s’il y a eu mort d’homme et que ce crime ne reste pas impuni ; elle a le droit de savoir que les forces de l’ordre ne sont pas au service d’un particulier mais de la Nation toute entière ; elle a le droit de savoir que si on est traîné injustement dans la boue pour quelque chose que l’on n’a pas commis on a le droit d’intenter une action en justice pour diffamation. La population ne cherche pas à savoir si c’est Matthieu, Marc, Luc ou Jean qui est concerné, ce qui l’intéresse est la notion d’Etat de droit s’il y a eu mort d’homme, que celui qui l’a commis soit puni ; s’il n’y a pas eu mort d’homme mais diffamations que les actions en justice soient intentées. Malheureusement, on a beau crier que nous sommes dans un Etat de droit, on a beau avoir une Constitution mais le droit à l’information auquel la population a droit est ignoré par les tenants du pouvoir et lorsqu’ils informent la population ce n’est jamais par rapport au droit de la population, dont le droit de savoir, non, ils gavent la population de défilés, d’inauguration, de sorties comme s’ils avaient peur que la population ne sache pas qu’ils se déplacent beaucoup, qu’ils ne portent jamais deux fois les mêmes habits…mais c’est le propre de ceux qui savent qu’ils ne resteront pas là longtemps et qu’ils seront vite oubliés, c’est comme l’a écrit Carlo Strenger « la peur de l’insignifiance ».

Anaïs T.