Les clubs des filles ont des effets importants et notables sur l’autonomisation des jeunes filles en Ouganda selon la Banque mondiale. Actuellement, le ministre malagasy en charge de la Population est à New York pour la 60ème session de la commission de la condition de la femme, laquelle se penche particulièrement sur les Objectifs de développement durable (ODD 2015-2030). Mais au rythme où vont les choses, de nombreuses jeunes filles malagasy risquent fort de s’empêtrer dans le cercle vicieux de la pauvreté, même à l’horizon 2030. En effet, 2 jeunes filles sur 5 sont mariées ou en union avant l’âge de 18 ans selon les statistiques officielles. Madagascar figure ainsi parmi les pays au taux de mariage précoce le plus élevé au monde. Le Sud et l’Ouest du pays sont les plus concernés même si le phénomène s’observe sur tout le territoire. Les données de 2012 de l’Institut national de la statistique (INSTAT) révèlent que pour la province de Toliara, 69% des filles de 20 à 24 ans ont été mariées avant leur 18ème anniversaire.

Ce taux est respectivement de 59% et de 58% pour les provinces de Mahajanga et d’Antsiranana. Fianarantsoa arrive en 4ème position avec un taux de 50%, puis Toamasina (41%) et Antananarivo (35%). Le mariage précoce entraîne dans son sillage tout un tas de problèmes de santé tant pour la mère que pour les enfants qu’elle peut mettre au monde. Il y a aussi les problèmes d’insertion socioéconomique. Les jeunes mères ont du mal à trouver un emploi décent. Or, elles n’ont pas de fonds et de compétences pour créer leur propre emploi. Aucune stratégie et aucune structure n’est en place pour soutenir ces jeunes filles. On doit quand même rappeler le projet présidentiel sur la construction de centres de formation professionnelle pour les femmes. La capitale en compte un. Pareil pour quelques villes. En tout, ces centres ne se comptent pas encore sur les doigts d’une seule main. Puis, les formations qu’on y propose ne donnent aux apprenants que les bases sur les secteurs qu’ils choisissent (cuisine, jardinage, informatique, etc.) Elles ne sont pas intégrées et n’offrent donc pas des solutions pour l’autonomisation des femmes.

En Ouganda, l’approche est intégrée : les clubs des jeunes filles proposent une large palette d’activités dont les pratiques ludiques, l’éducation sexuelle, les formations professionnelles, les cours d’initiation financière, l’accès à des structures de microfinance pour celles qui souhaitent créer une entreprise… Ce pays compte plus de 1 500 clubs de ce genre gérés par l’antenne ougandaise du BRAC, une organisation internationale basée au Pakistan et connue pour son action en faveur de l’émancipation des pauvres et notamment des femmes. Les jeunes filles ayant fréquenté ces clubs pendant 2 ans ont plus de 70% de chances que celles qui n’en sont pas membres, d’avoir une activité rémunératrice. De plus, elles ont respectivement 26% et 58 % de risques en moins de tomber enceintes à l’adolescence et de se marier ou de se mettre en ménage. A Madagascar, les dirigeants ont l’habitude de mener des actions tape-à-l’œil qui ne donnent pas finalement des résultats probants et pérennes. C’est le cas pour les centres de formation professionnelle des femmes. L’investissement qu’on y met est donc un gaspillage de deniers publics.

Fanjanarivo